Stress hydrique. «Pour la première fois, le niveau des nappes phréatiques est inférieur à celui, déjà bas, des barrages»: le constat alarmant d’un expert

Youssef Filali Guerraoui, président du Centre marocain pour la gouvernance et le management. (Y.Mannan/Le360)

Le 17/08/2024 à 19h03

VidéoLes réserves en eau des nappes phréatiques ont été impactées par la sécheresse, à telle enseigne que leur niveau a baissé «pour la première fois» par rapport au stock total des eaux retenues dans les barrages, s’alarme Youssef Filali Guerraoui, président du Centre marocain pour la gouvernance et le management (CMGM).

Après le lancement par le roi Mohammed VI, le 29 juillet, de la feuille de route pour la réalisation de nombreux projets dédiés à la gestion de l’eau, cet expert a confirmé, dans un entretien avec Le360, l’urgence de la situation, en affirmant que «pour la première fois, le volume des eaux des nappes souterraines stratégiques a baissé à moins de 4 milliards de mètres cubes».

«Lors d’une année pluvieuse, le niveau des eaux souterraines devrait dépasser de loin le volume des eaux des barrages. Or, avec la sévère sécheresse, c’est le contraire qui s’est produit», a ajouté Youssef Filali Guerraoui, président du Centre marocain pour la gouvernance et le management (CMGM), confirmant les données de la Direction générale de l’eau, relevant du ministère de l’Équipement et de l’Eau. À la date du 6 juillet 2024, les retenues des principaux barrages nationaux se limitaient en effet à 4,8 milliards de mètres cubes (m3), sur une capacité totale de 16,1 milliards m3, soit un taux de remplissage moyen de seulement 30,2%.

Dans son discours du Trône, le Souverain s’était longuement arrêté sur le grand défi que représente la problématique de l’eau, appelant notamment à l’accélération des projets qui lui sont rattachés. La stratégie royale vise en outre à édifier d’ici 2027 un total de 14 grands nouveaux barrages et à multiplier la construction d’usines de dessalement d’eau de mer sur le littoral marocain, notamment celle de Casablanca, qui sera la plus grande d’Afrique une fois achevée.

La vision royale porte aussi sur la connexion des bassins hydrauliques du Nord et du Centre du pays, via les autoroutes de l’eau allant du Loukkos au barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah, et alimentant le barrage El Massira avec un débit total de 45 m3 par seconde.

«Il faut par ailleurs accorder une attention particulière à la réutilisation des eaux usées, car le Maroc n’en exploite actuellement que 10% du volume produit annuellement», poursuit l’expert.

Ce dernier s’est en outre arrêté sur l’importance de ce qu’il appelle «la politique agricole de l’eau». «L’agriculture consomme beaucoup d’eau, soit 80% des eaux des barrages», explique-t-il, ce qui impose «une politique d’irrigation appropriée et l’encouragement des cultures de substitution peu consommatrice d’eau», préconise ce chercheur, avant d’appeler à la bonne gouvernance et à la bonne gestion de l’eau. «Une bonne gestion de l’eau est nécessaire pour réduire les risques liés au stress hydrique», conclut Youssef Filali Guerraoui.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 17/08/2024 à 19h03

Bienvenue dans l’espace commentaire

Nous souhaitons un espace de débat, d’échange et de dialogue. Afin d'améliorer la qualité des échanges sous nos articles, ainsi que votre expérience de contribution, nous vous invitons à consulter nos règles d’utilisation.

Lire notre charte

VOS RÉACTIONS

Beaucoup de personnes ne sont pas conscient de la pénurie d'eau et de sa gravité surtout les garages, stations de lavage,hammam et j'en passe,malgrés les instructions des autorités certaines personnes les entravent.il faut superviser et pénaliser.ceux qui ne respectent pas la vie(L'EAU)

A mon avis l’eau doit être plus chère que les carburants. Sincèrement elle le mérite car l’eau c’est la vie.

Malgré le stress hydrique, malgré la baisse du niveau des nappes phréatiques, les propriétaires des piscines privées se rafraichissent dans des mètres cubes d'eau, e t arrrosent leurs grands jardins verdoyants. Où sont les RESPONSAAAAAAAAAAAAAABLES ??????????????

Il y a trop de pompes partout qui sucent sans compter. Le pire cest que leur pompage est maintenant tres profond, donc celles dans les environs des barrages vident en fait ceux ci (leur fond n'etant pas etanche comme une baignoire, l'eau qui rentre dans le sol etait censée garder les nappes superieures en equilibre et le sol humide, herbé et ne necessitant aucune irrigation - ca a bien marché pendant des milliers d'années.

Ça ne stresse personne dans les rue marocaine.

Pour parler des eaux souterraines et des nappes libres et captives, il faut inviter des hydrogéologues et non pas des littéraires de droit et d'économie. Les sciences de l'eau divisées en hydrologie (surface) et hydrogéologie (subsurface) sont enseignées dans les facultés des sciences, de sciences et techniques et les écoles d'ingénieurs.

0/800