Depuis trois mois, les prix du kérosène jouent au yo-yo, illustrant une volatilité extrême sur les marchés énergétiques. Les prix ont bondi de 121%, passant de 831 dollars à 1.838 dollars la tonne entre fin février et début avril, avant de retomber à 1.133 dollars actuellement.
Une évolution qui donne des sueurs froides aux compagnies aériennes, en particulier aux transporteurs à bas coût. Pour ces derniers, le carburant représente une part prépondérante des coûts d’exploitation, alors même que leurs marges, structurellement faibles, limitent leur capacité à absorber une hausse prolongée des prix.
Contactée par Le360, Ryanair, très active sur le marché marocain, se présente toutefois comme l’un des acteurs les mieux armés face à cette situation. «Comme Ryanair a couvert 80% de ses besoins en carburant jusqu’en mars 2027 au prix de 67 dollars le baril, soit moins de la moitié des prix actuels du marché, nous ne prévoyons aucune réduction de notre programme de vols cet été», souligne la compagnie.
Mieux encore, la low-cost irlandaise affiche des ambitions de croissance soutenue. «Ryanair prévoit de passer de 208 millions de passagers en 2025 à 216 millions en 2026. Alors que nos concurrents réduisent leurs programmes en raison de la hausse des prix du pétrole, Ryanair poursuit sa croissance en proposant des tarifs plus bas», ajoute-t-elle.
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Un contraste saisissant avec d’autres compagnies, notamment Royal Air Maroc, qui a récemment annoncé la suspension d’une douzaine de lignes internationales reliant des destinations africaines et européennes, conséquence directe de la pression exercée par la hausse du carburant.
Comme nous le rapportions dans un précédent article, les compagnies aériennes recourent fréquemment à des stratégies de couverture, à la fois sur les devises et sur certaines matières premières, notamment le kérosène. L’objectif est de préserver leur compétitivité et d’éviter une répercussion trop brutale des hausses sur les tarifs. Une stratégie qui semble aujourd’hui protéger Ryanair, contrairement à d’autres acteurs du secteur.
Invité récemment lors d’une conférence à Oslo, le directeur général de Ryanair, Michael O’Leary, a d’ailleurs lancé un avertissement sans détour. Si les prix du jet A-1 restent durablement élevés durant l’été, «un certain nombre de [ses] concurrents en Europe vont faire face à de réelles difficultés financières». «Je pense qu’il y aura des faillites», a-t-il prévenu, estimant que le maintien du baril autour de 150 dollars entre juillet et septembre «entraînera la disparition de compagnies européennes».
Un scénario qui, selon lui, pourrait paradoxalement profiter à Ryanair à moyen terme, en renforçant sa position sur un marché en recomposition sous l’effet des tensions énergétiques.




