SIEL 2026: «C’est une opportunité de raconter l’histoire de l’Afrique par les Africains», affirme l’ambassadrice du Rwanda

L’ambassadrice du Rwanda au Maroc, Shakilla K. Umutoni au SIEL, le 5 mai 2026 à Rabat (Y.Mannan/Le360).

Le 05/05/2026 à 16h32

VidéoRabat confirme son statut de carrefour éditorial africain à l’occasion de la 31ème édition du SIEL, qui réunit 61 pays et près de 900 exposants. L’événement met en lumière les dynamiques du secteur du livre, tout en posant la question des usages de lecture au Maroc et des défis liés à leur développement.

À l’invitation du ministère de la Culture, plusieurs pays africains prennent part à la 31ème édition du Salon international de l’Édition et du Livre (SIEL), organisée à Rabat, désignée Capitale mondiale du livre. Cette édition réunit 61 pays et 891 exposants, confirmant le positionnement de l’événement comme plateforme de référence pour les industries culturelles et éditoriales. Écrivains, éditeurs et professionnels du livre y animent des conférences et panels consacrés à la promotion de la lecture et au développement de l’écosystème éditorial africain.

Sur le stand de la maison d’édition rwandaise Cactus Publishers, basée à Kigali, l’ambassadrice du Rwanda au Maroc, Shakilla K. Umutoni, a salué le rôle du Royaume en matière de diplomatie culturelle et de valorisation du livre. «C’est avec un grand plaisir que je visite le pavillon d’une maison d’édition rwandaise, qui a fait le déplacement pour représenter notre pays à ce salon», a-t-elle déclaré, soulignant également «une opportunité de renforcer les synergies entre éditeurs africains et de porter une narration du continent par ses propres acteurs».

Présente pour la première fois au SIEL, l’écrivaine et éditrice ivoirienne Mahoua S. Bakayoko participera, mercredi 6 mai, à un panel consacré à l’écriture féminine africaine. Cette rencontre vise à mettre en lumière la production littéraire du continent et à encourager la structuration de filières éditoriales africaines plus visibles à l’international.

Du côté des opérateurs locaux, la librairie LivreMoi, basée à Rabat et à Casablanca, fait état d’une fréquentation diversifiée. «Le public est très mixte, composé de lecteurs marocains et étrangers, tous animés par un intérêt pour la littérature», indique Youssef, responsable du stand, qui espère maintenir cette dynamique jusqu’à la clôture du salon prévue le 10 mai.

Pour Mohammed Maqsidi, directeur de la Fondation Al Mawja Attaqafiya, le SIEL constitue «un levier structurant pour la vitalité du secteur du livre», en favorisant la circulation des œuvres, la rencontre entre les acteurs et la diffusion des pratiques de lecture, tant au Maroc qu’à l’échelle internationale.

Ce dynamisme s’inscrit toutefois dans un contexte contrasté pour la lecture au Maroc. Si des initiatives culturelles contribuent à revitaliser les pratiques, les indicateurs révèlent des usages encore limités. En moyenne, près de la moitié des lecteurs déclarent lire entre deux et cinq ouvrages par an, tandis qu’une personne sur dix ne lit aucun livre. Le temps consacré à la lecture atteint environ 57 heures par an, un niveau supérieur à la moyenne arabe (32,24 heures), mais encore en deçà des standards internationaux.

Par ailleurs, 64% des personnes interrogées estiment que les contenus numériques et audiovisuels supplantent désormais la lecture de livres. Face à cette évolution des usages, des initiatives comme le Réseau de lecture au Maroc, à travers notamment le Book Club Mohammedia, s’attachent à promouvoir la lecture auprès des jeunes publics et à renforcer l’attractivité du livre dans un environnement médiatique en mutation.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 05/05/2026 à 16h32