Stockage stratégique: un programme d’investissement de 6 milliards de dirhams à l’horizon 2030

La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, répond à une question orale à la Chambre des représentants, le 9 décembre 2021.

La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, à la Chambre des représentants. . MAP

Face aux impératifs de sécurité énergétique et d’accélération de la transition vers des sources durables, le Maroc intensifie ses investissements dans les capacités de stockage des produits énergétiques et structure une offre compétitive en hydrogène vert. Devant les députés, la ministre Leila Benali a décliné une stratégie reposant sur trois leviers structurants.

Le 05/05/2026 à 09h06

Intervenant devant la Chambre des représentants, lundi 4 mai 2026, lors de la séance des questions orales, la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, a été amenée à revenir sur les actions engagées par le gouvernement pour renforcer le stock stratégique des matières énergétiques.

La ministre a évoqué à cet effet trois mesures principales. La première porte sur l’augmentation des capacités de stockage. Depuis 2021, a-t-elle révélé, le Maroc a enregistré un «saut qualitatif» en matière d’investissements dédiés à cette extension, avec une hausse de plus de 30%. Ce qui a permis de porter ces capacités à 3,2 millions de mètres cubes en 2025.

La ministre a également noté que son département a mis en place, pour la première fois, un dispositif de suivi des investissements dans ce domaine, à l’instar de ce qui a été réalisé pour la filière de l’hydrogène vert, avec un horizon fixé à 2030. L’objectif est de faciliter la concrétisation des projets, notamment en accompagnant les opérateurs dans les démarches d’obtention des autorisations administratives.

Stockage insuffisant pour butane et carburant aérien

Elle a révélé qu’à l’horizon 2030, les capacités de stockage devraient atteindre 1,5 milliard de mètres cubes, mobilisant un investissement global de 6 milliards de dirhams, dont un tiers devrait être réalisé dès 2026.

La deuxième mesure consiste en l’exploitation des capacités existantes, notamment celles de la Samir. La ministre a indiqué qu’une étude des besoins nationaux a révélé que les stocks actuels sont suffisants pour le gasoil, l’essence et le fioul. Ces réserves incluent notamment 80.000 tonnes stockées au niveau de la Samir, dont l’utilisation a débuté en 2023.

En revanche, la ministre reconnaît la persistance des insuffisances de capacité de stockage pour le gaz butane et le carburant aérien. Pour y remédier, plusieurs projets de stockage sont en cours, visant à augmenter les capacités de 400.000 mètres cubes pour le butane et de 100.000 mètres cubes pour le carburant aviation d’ici 2030.

Le troisième axe de l’action du gouvernement à cet effet est la répartition territoriale des infrastructures. Cette mesure est dictée par le fait que 80% des capacités de stockage sont concentrées dans les régions de Casablanca-Settat et Tanger-Tétouan.

Dans ce cadre, de nouveaux pôles énergétiques émergent, notamment autour du port Nador West Med, appelé à jouer un rôle stratégique dans le stockage des hydrocarbures et du gaz naturel.

Par ailleurs, interrogée sur les ambitions du Maroc en matière d’hydrogène vert, Leila Benali a souligné la pertinence des choix stratégiques opérés par le pays depuis les années 1990. Elle a insisté sur le fait que l’accès au rang de leader mondial dans ce domaine repose avant tout sur la compétitivité des projets développés.

Hydrogène vert: la maîtrise des risques, un impératif

L’offre marocaine en hydrogène vert constitue, selon elle, un cadre de référence clair pour les investisseurs nationaux et internationaux. Le rôle du ministère dans ce domaine se concentre notamment sur la gouvernance de cette offre, en favorisant la mutualisation des infrastructures. Ce qui inclut le partage de réseaux de transport de l’hydrogène, les stations de dessalement, les cavités salines pour le stockage, ainsi que les zones industrielles intégrées. Cette approche vise à réduire les coûts et à améliorer la compétitivité globale des projets, condition essentielle pour s’imposer sur le marché international.

La ministre a également souligné l’importance de la gestion des risques, qu’ils soient technologiques ou géopolitiques, dans le déploiement de cette filière.

Enfin, elle a rappelé que le Maroc bénéficie d’une expérience de plus de 30 ans dans le financement des projets énergétiques et de 15 ans dans les technologies vertes, tout en adoptant une démarche progressive dans la sélection et la mise en œuvre des projets liés à l’hydrogène vert.

Par Lahcen Oudoud
Le 05/05/2026 à 09h06