La 5G et la data redéfinissent le paysage des télécoms au Maroc

Six mois après le lancement commercial de la 5G, la data s’impose comme le nouveau pilier du secteur des télécoms.. DR

Revue de presseSix mois après le lancement commercial de la 5G, le marché marocain des télécommunications connaît une mutation profonde. La data s’impose comme le nouveau pilier du secteur, reléguant la voix au second plan et transformant les habitudes de consommation. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste.

Le 04/05/2026 à 20h55

Depuis le déploiement effectif de la 5G, le 7 novembre 2025, la data est devenue le cœur battant du secteur, réduisant la voix classique à un service secondaire. C’est ce qu’indique le quotidien L’Economiste dans son édition du mardi 5 mai. «La 5G va définitivement enterrer la distinction entre «voix» et «données», puisque tout passera par des canaux de données ultra-rapides, permettant non seulement de communiquer, mais aussi de connecter des millions d’objets (IoT) et de services publics», explique un expert du domaine cité par le quotidien.

Les indicateurs de l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) confirment cette tendance. Les Marocains consomment de moins en moins de minutes d’appels classiques, privilégiant les applications de VoIP comme WhatsApp, Messenger ou Telegram. Résultat: le forfait data est désormais bien plus précieux que le forfait voix. En mars 2026, l’usage moyen de data par client (fixe et mobile) atteint 46 gigaoctets par mois, soit une hausse de 2% par rapport à la même période en 2025.

Cette évolution s’explique par l’effet accélérateur de la 5G et l’explosion du trafic data, porté par le streaming vidéo (TikTok, YouTube) et les réseaux sociaux. Pour les opérateurs, cette dynamique se traduit par un effet de substitution: les revenus générés par la data (mobile et fixe via la fibre) compensent désormais la baisse des recettes liées à la voix et à l’ADSL, préservant ainsi leurs bilans financiers. «Par ailleurs, le déploiement massif de la fibre optique à domicile (FTTH), avec des débits pouvant atteindre 200 mégaoctets par seconde, a ancré de nouvelles habitudes de consommation, renforçant la dépendance à la connectivité plutôt qu’au service téléphonique traditionnel», lit-on dans L’Economiste.

«Aujourd’hui au Maroc, le téléphone n’est plus un outil pour appeler et recevoir, mais un terminal pour consommer. La data est devenue un bien de première nécessité, au même titre que l’électricité et l’eau», souligne l’expert. Cette transformation devrait, à terme, contribuer à l’essor de l’économie numérique du pays.

Selon les données de l’ANRT, les usages se sont diversifiés au premier trimestre 2026, avec une intensification de la consommation de data dans les centres d’appels, les data centers, l’e-commerce et les services en ligne. Le marché marocain des télécoms compte désormais 59,2 millions d’abonnés mobile pour une population de 37 millions d’habitants, soit une moyenne de 1,6 puces par personne. Avec un taux de pénétration dépassant 160%, le secteur a atteint une phase de maturité, certains segments frôlant même la saturation.

Avec près de deux cartes SIM par habitant, la croissance du parc mobile est quasiment à son maximum. Les relais de croissance résideront désormais dans les services à forte valeur ajoutée: forfaits data only, forfaits illimités, roaming à bas coûts, solutions technologiques, applications et intelligence artificielle.

Le marché des télécoms, dominé par trois opérateurs (IAM, Orange et Inwi), pèse près de 40 milliards de dirhams de chiffre d’affaires, précise L’Economiste. En incluant l’économie numérique, sa contribution au PIB s’élève à 5%. À fin mars 2026, le taux de pénétration d’Internet dépasse 112%, avec plus de 41 millions d’abonnés, tandis que 1,5 million de foyers sont raccordés à la fibre optique (FTTH). Les réseaux sociaux, quant à eux, comptent près de 23 millions d’utilisateurs actifs, soit 60% de la population.

Cependant, derrière ces chiffres impressionnants se cache une réalité plus nuancée. Si le parc mobile frôle les 60 millions de lignes actives, 86% des abonnés sont en prépayé, soit environ 51 millions de lignes. Le postpayé, qui représente les abonnés contractuels, ne pèse que 14% du marché, soit à peine 8 millions de personnes. «Les abonnés réels, ceux qui paient une facture chaque mois, sont minoritaires», précise l’ANRT. Une situation qui reflète la prédominance des usages occasionnels et la persistance d’un marché largement dominé par le prépayé.

Par La Rédaction
Le 04/05/2026 à 20h55