Tanger: vives tensions au conseil communal autour de la gestion de la fourrière

Le conseil de la ville de Tanger.

Revue de presseLors de la session ordinaire du conseil de la commune de Tanger, les échanges ont été vifs entre élus, au sujet de la fourrière communale. Certains conseillers ont réclamé l’ouverture d’une enquête sur la gestion de ce service, dénonçant des «manipulations à grande échelle», notamment dans «la gestion financière». Ils ont ainsi exigé la saisine de la Cour des comptes sur ces irrégularités présumées. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 05/05/2026 à 18h09

La séance ordinaire du conseil communal de Tanger, lundi 4 mai, a été le théâtre de vives joutes verbales entre les conseillers au sujet de la gestion de la fourrière communale. Plusieurs élus ont appelé à l’ouverture d’une enquête sur le fonctionnement de ce service, affirmant que «des pratiques frauduleuses à grande échelle y auraient cours, en particulier dans la gestion des recettes financières». Ils ont, par conséquent, demandé «le dépôt d’un rapport auprès de la Cour des comptes en vue de l’ouverture d’une investigation approfondie sur ces manquements», relaie le quotidien Al Akhbar de ce mercredi 6 mai.

En réponse à ces accusations, le responsable chargé de la gestion de la fourrière a fait valoir que «les recettes avaient connu une hausse sans précédent, atteignant désormais 7 millions de dirhams par an». Il a souligné que «l’ensemble des dossiers demeure accessible aux magistrats de la Cour des comptes», lesquels pourront, le cas échéant, «mener toutes les vérifications utiles». Cherchant à prendre ses détracteurs en défaut, il a provoqué un véritable scandale en accusant un conseiller d’avoir «dérobé un véhicule entreposé à la fourrière». Une plainte aurait été déposée auprès du conseil communal, mais serait restée sans suite, indique le quotidien.

Des sources proches du dossier indiquent que la recrudescence de ces contentieux révèle une méconnaissance, voire un dédain, des «recommandations de la Cour des comptes». Celle-ci avait pourtant signalé «des irrégularités dans un précédent rapport», qui n’a pas été pris au sérieux par les commissions chargées du suivi de la fourrière. Selon Al Akhbar, «la détérioration progressive de la gestion de ce service intervient dans un contexte de multiplication de plaintes», ce qui a incité les parties concernées à «élaborer un système de consultation relatif au gardiennage des véhicules et autres biens au sein de la fourrière».

Ce dispositif vise à contrôler «l’intégralité des opérations liées au stationnement des voitures, à en notifier aux propriétaires, et à les coordonner avec les commissions compétentes pour toute question relevant de ces activités». Une telle réforme serait de nature à prévenir d’éventuelles manipulations, d’autant que le conseil communal avait déjà fait l’objet de rapports accablants de la Cour des comptes, ajoute le quotidien. Ces faits interviennent alors que. les critiques fusent, exigeant «une mise en œuvre effective des préconisations de la Cour des comptes et leur application concrète sur le terrain, afin d’éviter tout dysfonctionnement ultérieur».

Par ailleurs, Al Akhbar signale qu’une commission déléguée par la wilaya de la région de Tanger s’était précédemment rendue à la fourrière pour y contrôler plusieurs dossiers ainsi que les méthodes de gestion de ce service communal. Selon des sources informées, cette inspection a été décidée après la réception par la wilaya de rapports faisant état de «manipulations de véhicules mis en fourrière, qui auraient été vendus sans se conformer aux décisions judiciaires ni aux procédures établies».

Par Hassan Benadad
Le 05/05/2026 à 18h09