Les autorités locales de la préfecture de l’arrondissement Al Fida-Mers Sultan ont récemment orchestré une campagne d’ampleur visant à éradiquer l’occupation illégale du domaine public au sein du souk Kriaa, une situation qui perdurait depuis de nombreuses années. Cette intervention, loin d’être anodine, entend «restaurer la vocation première des espaces collectifs et rendre sa fluidité à une circulation jusque-là paralysée par l’annexion anarchique des trottoirs et des passages piétonniers par des commerçants sédentaires et des vendeurs ambulants».
«Dès le début de la semaine, les autorités locales ont procédé au déblayage des voies envahies par des barrières métalliques sauvages et des parasols illégaux, dont la prolifération avait profondément altéré l’esthétique et l’harmonie de ce quartier commerçant emblématique», rapporte Al Akhbar de ce mercredi 6 mai. Parallèlement, de nombreux commerçants légitimes plaident pour l’élaboration d’un plan d’aménagement concerté, qui intégrerait les vendeurs informels au sein d’espaces structurés, respectueux du cachet urbain, de la dignité des professionnels et du droit des citoyens à jouir pleinement du domaine public.
Cet objectif s’inscrit dans une vision plus large: transformer la zone de Kriaa, actuellement perçue comme un foyer de chaos et d’engorgement, en un modèle d’activité commerciale à la hauteur du statut de la capitale économique du Maroc. Les données disponibles confirment que cette opération de libération de l’espace public ne saurait être réduite à une simple mesure de routine. Il s’agit bien d’une décision ferme, destinée à démanteler une occupation systématique ayant transformé les chaussées en dépôts à ciel ouvert de marchandises et de caisses de ferraille.
Menée sous dispositif sécuritaire, l’intervention a mobilisé les forces de l’ordre pour garantir son bon déroulement dans des conditions protégées. Les commerçants des souks de Kriaa soulignent, eux, que ces points noirs constituaient autant d’obstacles pour l’accès des véhicules de secours, notamment les ambulances et les engins des sapeurs-pompiers, en situation d’urgence, sans oublier qu’ils étaient devenus des foyers d’accumulation de déchets et d’emballages abandonnés.
«Si cette campagne a suscité des réactions contrastées, une large frange d’habitants et d’usagers de la route ayant exprimé sa vive satisfaction, un climat de méfiance prévaut néanmoins chez certains commerçants», note Al Akhbar. Ces derniers estiment que toute régulation durable du secteur nécessite une approche globale, équilibrant l’application rigoureuse de la loi avec la prise en compte des fragilités sociales et des réalités économiques des acteurs de la zone. Car le souk Kriaa, rappellent-ils, demeure un poumon commercial irremplaçable dans la ville de Casablanca.


