L’énergie solaire s’impose comme une solution clé pour les exploitations agricoles marocaines. «L’utilisation de l’énergie solaire constitue une véritable alternative à la consommation du gaz butane», a souligné Leila Benali, ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, lors de son intervention à la Chambre des représentants. Cette transition, rapporte le quotidien L’Economiste dans son édition du mercredi 6 mai, permet non seulement de réduire la facture énergétique des agriculteurs, mais aussi de rationaliser l’utilisation des ressources en eau, un enjeu crucial dans un pays confronté à des épisodes de sécheresse récurrents.
À ce jour, plus de 56.000 systèmes solaires ont été installés dans le secteur agricole. Pour une exploitation de taille moyenne, l’investissement initial s’élève à environ 140.000 dirhams, mais les économies réalisées (environ 40.000 dirhams par an grâce à la réduction de la consommation de gaz butane) permettent un amortissement en moins de trois ans. « Cet investissement peut être amorti en moins de trois ans », a précisé la ministre, soulignant l’impact positif des mesures incitatives mises en place par son département.
«Le ministère a également travaillé sur l’amélioration du cadre d’agrément des entreprises et installateurs de panneaux solaires, ainsi que sur la mise en œuvre de la loi 28-21 relative à l’autoproduction d’électricité», souligne L’Economiste. «Aujourd’hui, l’agriculteur peut couvrir ses propres besoins en électricité grâce à un système solaire et même injecter le surplus dans le réseau électrique», a expliqué Leila Benali. Cette loi offre une flexibilité accrue aux agriculteurs, leur permettant de devenir des producteurs d’énergie tout en contribuant à la transition énergétique nationale.
Face aux inquiétudes des parlementaires concernant les stocks de carburants, notamment dans un contexte marqué par la guerre et la fermeture du détroit d’Ormuz, la ministre a présenté trois mesures clés pour renforcer la résilience énergétique du pays. La première consiste à augmenter les capacités de stockage, qui ont déjà atteint 3,2 millions de mètres cubes en 2025, grâce à une hausse de plus de 30% des investissements au cours des trois dernières années.
Une feuille de route ambitieuse jusqu’en 2030 prévoit d’accroître ces capacités de plus de 1,5 million de mètres cubes, avec un investissement estimé à 6 milliards de dirhams à partir de 2026. «Le but est de faciliter leur réalisation et d’accompagner les procédures, notamment celles liées à l’obtention des autorisations administratives», a indiqué la ministre.
La deuxième mesure concerne l’utilisation des réservoirs de la Samir, dont les 800.000 mètres cubes ont été mobilisés en 2023 pour garantir les stocks de gasoil, d’essence et de fuel, souligne L’Economiste. «Les besoins nationaux ont été analysés et les résultats ont montré que les stocks sont suffisants», a rassuré Leila Benali, tout en reconnaissant des défis persistants pour le gaz butane et le kérosène. Des projets supplémentaires permettront d’ajouter 400.000 mètres cubes pour le gaz butane et 100.000 mètres cubes pour le kérosène d’ici 2030.
Enfin, la troisième mesure vise à mieux répartir géographiquement les capacités de stockage, actuellement concentrées à 80% dans les régions de Casablanca-Settat et Tanger-Tétouan. «Des efforts ont été engagés pour mieux répartir les investissements sur le territoire, notamment à travers le port de Nador West Med», a précisé la ministre, soulignant le rôle stratégique de ce pôle pour les hydrocarbures et le stockage du gaz naturel.
Parallèlement, le ministère a engagé une refonte du cadre législatif minier, avec un nouveau projet de loi en phase de concertation. Ce texte introduit des innovations majeures, comme la «carte de mineur» et le renforcement des sanctions en cas de négligence. La numérisation des procédures administratives a également été accélérée, avec le lancement d’un registre minier national numérique. «Plus de 40 procédures administratives sont désormais entièrement numérisées et peuvent être effectuées depuis n’importe quel téléphone», a affirmé Benali. Ce qui simplifie l’accès aux permis miniers pour les investisseurs



