À l’approche des élections du 23 septembre 2026, certains projets de développement régionaux connaissent une accélération, mais leur réalisation laisse toujours à désirer. Selon le quotidien arabophone Assabah, dans son édition du mercredi 6 mai, des marchés publics en matière de construction ou de réfection des routes sont le plus souvent attribués à une même société familiale, très influente au sein d’un parti politique. Bien que ne disposant pas de matériel adéquat et suffisant, elle rafle chaque année la majeure partie des marchés publics. Elle aurait ainsi soumissionné dans une quarantaine d’appels d’offres ouverts et réussi à en décrocher une vingtaine dans le domaine des infrastructures routières.
Or, la majeure partie des marchés publics attribués à cette famille a été soit mal réalisée, soit tout simplement à l’arrêt faute de moyens logistiques.
L’enquête administrative a mis les nombreux dysfonctionnements constatés dans les projets régionaux sur le dos des Agences régionales d’exécution des projets, qui ont jusqu’ici démontré leur inefficacité quant à leur capacité à transformer les programmes de développement régionaux en réalisations concrètes sur le terrain.
C’est dans ce cadre que s’inscrivent les explications données par Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur, devant les parlementaires lors de la discussion du projet de loi organique n° 031.26 modifiant et complétant la loi organique 111.14 relative aux régions. Selon lui, si la loi définit clairement les attributions et compétences, il n’en reste pas moins que c’est le mécanisme de gestion des projets de développement régionaux qui peine à concrétiser ces projets. Laftit a précisé que l’expérience a montré que c’est à ce niveau que résident les dysfonctionnements et défis.
C’est pourquoi le ministère de l’Intérieur a présenté un projet de réforme substantielle qui vise à transformer les Agences régionales d’exécution des projets en sociétés actionnaires dans le cadre d’un nouveau modèle de gestion, basé sur la flexibilité et l’efficacité, tout en gardant le cachet public au niveau de ce nouveau mécanisme de gestion des projets régionaux.
En somme, il s’agit du passage d’un modèle de gestion administrative pure, caractérisé le plus souvent par la lourdeur des procédures financières et de contrôle, vers une logique entrepreneuriale moderne, qui permet d’accélérer la réalisation des projets et l’amélioration de la qualité d’exécution, sans parler de la mobilisation d’investissements novateurs et de la mobilisation de compétences spécialisées.
Il est également prévu que le champ d’action de ces nouvelles sociétés ira au-delà de la réalisation des projets régionaux pour englober l’exécution de projets étatiques ou au profit d’autres collectivités territoriales, dans un cadre contractuel clair. Une telle formule sera garante de l’efficacité dans l’utilisation des investissements publics. Ces sociétés seront bien évidemment sous le contrôle du wali de la région concernée et seront soumises à un diagnostic annuel en vue d’éviter tout conflit d’intérêts, garantir les droits des employés et s’assurer que les moyens financiers suffisants soient mis à disposition.



