Rabat: des marchés publics suspects à l’approche des législatives

200 ألف شركة خارج "رادار" الضرائب 

Un auditeur examine des documents comptables. . DR

Revue de presseÀ six mois des élections législatives, des irrégularités financières et administratives secouent plusieurs conseils régionaux. Des inspecteurs de l’Inspection générale de l’administration territoriale (IGAT) enquêtent sur des soupçons de fraude dans l’attribution de marchés publics, alors que des élus candidats au scrutin sont directement impliqués. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 26/04/2026 à 18h33

Des inspecteurs de l’Inspection générale de l’administration territoriale mènent actuellement des investigations dans les locaux de plusieurs conseils régionaux dirigés par des élus politiques candidats au scrutin. Leur but: examiner des irrégularités financières et administratives liées à l’attribution de marchés publics «majeurs», indique le quotidien Assabah de ce lundi 27 avril. Bien que ces contrôles aient tardé, en raison d’un manque d’effectifs, des fuites provenant des services techniques de certaines préfectures et provinces révèlent des dysfonctionnements préoccupants. Des soupçons pèsent sur des procédures d’attribution opaques, «malgré l’utilisation de plateformes numériques censées garantir la transparence», indique le quotidien.

Selon Assabah, un responsable dans la préfecture de la région Rabat-Salé-Kénitra a confié que des «zones d’ombre» caractérisaient «l’attribution de marchés importants» portant sur des routes rurales dans certaines communes. Un député a qualifié ces pratiques de «manipulation», dénonçant des conditions de participation à ces marchés de l’État taillées «sur-mesure». Selon cette source, les élus du conseil régional, dont le mandat prend fin, ont imposé un classement de niveau 1 pour les entreprises candidates aux travaux de voirie rurale, excluant ainsi les petites et moyennes structures. Une exigence d’autant plus surprenante que le ministère de l’Équipement et de l’Eau, dirigé par Nizar Baraka, qui est aussi le secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, «n’impose pas ce critère pour ce type de marchés, permettant aux entreprises moins bien classées d’y participer», écrit Assabah.

Selon cet interlocuteur, le regroupement de l’ensemble des travaux de voirie, répartis en un seul marché sur l’ensemble du territoire régional avec un délai d’exécution fixé à huit mois, «renforce les suspicions», une approche qui va à l’encontre «des bonnes pratiques, qui préconisent de diviser les chantiers en plusieurs lots pour élargir la concurrence et réduire les délais», a affirmé cette source au quotidien, critiquant aussi une «répartition arbitraire» des voies sélectionnées pour les travaux.

Plus grave encore, indique le quotidien, le pli cacheté définissant le budget pour ces offres a été ouvert, alors que les études techniques relatives aux routes concernées n’étaient pas encore finalisées. Par ailleurs, le programme des travaux n’a pas été approuvé lors d’une session du conseil, comme le définissent les termes de la loi organique, et ces manquements «pourraient faire l’objet d’un examen approfondi par les inspecteurs», affirme Assabah.

Selon des sources internes aux services techniques interrogées par le quotidien, il est «inconcevable» que les offres aient été examinées avant la finalisation des études, une pratique qui «contourne les directives du ministère de l’Économie et des Finances, qui prône la transparence et l’équité, conformément à la Constitution et au décret relatif à la transparence et à l’égalité des chances», écrit le quotidien. Les investigations en cours pourraient entraîner la chute de hauts responsables dont, affirme Assabah, «des candidats aux législatives, soupçonnés d’avoir monnayé leur soutien politique contre des retombées financières» issues de l’attribution de ces marchés dans différentes régions.

Par La Rédaction
Le 26/04/2026 à 18h33