Une opération policière d’envergure a permis, jeudi dernier, de démanteler un réseau criminel spécialisé dans le vol, la falsification et le trafic de véhicules vers l’Europe. Six individus, âgés de 32 à 42 ans, ont été interpellés par les forces de sécurité de la préfecture de police de Tanger, en coordination avec la Direction générale de la surveillance du territoire national (DGST). «Les suspects sont accusés de falsification de documents, d’abus de confiance, de détournement de voitures et de trafic international, une activité qui aurait généré des profits illicites considérables», indique le quotidien Al Akhbar dans son édition du lundi 4 mai.
Les membres de ce réseau opéraient selon un mode opératoire bien rodé en ciblant principalement les sociétés de location de voitures et les établissements de crédit, qu’ils dupaient en utilisant des identités falsifiées ou des documents frauduleux pour obtenir des véhicules. Une fois en leur possession, les malfaiteurs disparaissaient avec les voitures, sans jamais les restituer. Les investigations ont révélé que ces véhicules étaient ensuite soumis à des opérations de falsification sophistiquées: changement des plaques d’immatriculation, modification des papiers administratifs et même altération des numéros de série. Une fois «nettoyés», les véhicules étaient acheminés vers l’étranger avant d’être revendus sur des marchés européens avec de faux documents.
L’opération policière a permis d’intercepter deux membres du réseau en flagrant délit alors qu’ils tentaient de faire passer deux voitures. Les forces de l’ordre ont également saisi quatre autres véhicules, un lot de documents falsifiés, des plaques d’immatriculation contrefaites et une somme d’argent suspectée d’être le fruit de ces activités criminelles. «Ces saisies offrent aux enquêteurs des éléments concrets pour remonter jusqu’aux autres complices et démanteler l’ensemble du réseau», écrit Al Akhbar.
Le secteur de la location de voitures, déjà fragilisé par la crise économique, subit de plein fouet cette vague de fraudes. Les professionnels du secteur tirent la sonnette d’alarme face à l’augmentation exponentielle des cas de non-restitution de véhicules. Certains loueurs ont même été contraints de renforcer leurs mesures de sécurité, exigeant désormais des garanties supplémentaires ou installant des systèmes de géolocalisation par satellite pour tenter de limiter les pertes.
Mais les victimes ne se limitent pas aux entreprises. Des particuliers ont également été piégés lors de l’achat de voitures d’occasion, découvrant trop tard que les documents étaient falsifiés ou que le véhicule faisait l’objet d’une recherche judiciaire. Les enquêteurs pointent du doigt les failles administratives et techniques qui facilitent ces agissements.
Les six suspects ont été placés en garde à vue sous le contrôle du parquet compétent, qui supervise les investigations. Les premières pistes suggèrent une coordination avec des intermédiaires et des filières de trafic basées à l’étranger, notamment en Europe, où les voitures volées sont écoulées avec de faux papiers. Les investigations se poursuivent, et de nouvelles arrestations ne sont pas exclues.



