À quelques mois des élections législatives de septembre 2026, le Parti de l’Istiqlal (PI) entend remporter le scrutin et former une majorité gouvernementale fondée sur son programme, sans écarter a priori d’alliance avec le Parti de la justice et du développement (PJD). Des sources au sein de la direction de l’Istiqlal, citées par le quotidien Assabah dans son édition du lundi 4 mai, ont confirmé que les futures alliances du parti pour constituer une majorité gouvernementale, en cas de victoire aux législatives, seront déterminées par le programme électoral et non par des considérations partisanes. Le parti ne ferme ainsi aucune porte, y compris à une collaboration avec le PJD, avec lequel il a déjà gouverné par le passé.
«Nous n’avons aucun problème à nous allier avec le PJD, d’abord en raison de notre expérience commune à la tête du gouvernement, et ensuite parce que nous partageons avec lui une référence idéologique commune», a souligné une source istiqlalienne. «Cette déclaration intervient dans un contexte où les trois partis de la coalition sortante, l’Istiqlal, le Rassemblement national des indépendants (RNI) et le Parti authenticité et modernité (PAM), semblent se préparer à une compétition électorale très serrée, avec des chances de victoire jugées équivalentes», souligne Assabah.
Sous la houlette de son secrétaire général, Nizar Baraka, l’Istiqlal a lancé une campagne de mobilisation interne, marquée par la nomination de nouveaux inspecteurs régionaux. Ces désignations, orchestrées par Mustapha Hanine, inspecteur général du parti et bras droit de Baraka, s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à placer le parti en tête des législatives.
«La direction du parti, qui cultive le secret autour de son plan électoral, a déjà identifié les têtes de liste jugées les plus à même de remporter les circonscriptions», note Assabah. Les noms des candidats pressentis, dont certains ont rejoint le parti récemment, ont été validés par le cercle restreint autour de Baraka et Hanine. «Nous sommes confiants: l’Istiqlal arrivera en tête des élections et dirigera le gouvernement de la Coupe du Monde», affirme Baraka, reprenant un discours largement relayé par les cadres du parti.
Le parti, dirigé par le gendre de l’ancien Premier ministre Abbas El Fassi, croit fermement en sa capacité à reconquérir la première place sur l’échiquier politique. Une conviction que ne partage pas le RNI, qui estime être le seul parti de la coalition actuelle en mesure de l’emporter.
À quelques mois du scrutin, Baraka multiplie les appels à la mobilisation interne, exhortant les militants à «renforcer l’attractivité de l’offre istiqlalienne» et à «opérer la transformation nécessaire pour dominer la scène politique». Il insiste également sur la nécessité d’éviter les tensions internes et les conflits avec les alliés, dans une logique de cohésion préélectorale.
Cette stratégie s’appuie sur les conclusions du 18e Congrès national du parti, qui a impulsé une dynamique de renouvellement. La nomination de nouveaux inspecteurs régionaux et l’émergence de jeunes cadres visent à doter l’Istiqlal d’une «force motrice» pour reconquérir le leadership politique.
Baraka, qui occupe actuellement le poste de ministre de l’Équipement et de l’Eau et a précédemment dirigé le ministère de l’Économie et des Finances sous le gouvernement d’Abdelilah Benkirane, entend bien ramener son parti à son rang d’antan. Son programme électoral, assure-t-il, marquera une «rupture avec les politiques des gouvernements précédents», un argument clé pour séduire un électorat en quête de changement.



