Cette année, plusieurs familles marocaines ont eu une très mauvaise surprise juste après le sacrifice de l’Aïd. Au moment de préparer la viande, certains ont remarqué des odeurs étranges ou des aspects anormaux sur la carcasse. Face à ce constat, l’inquiétude est rapidement montée, poussant de nombreux citoyens à solliciter en urgence les services de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA).
لحوم متعفنة وخسائر مادية.. هل يحصل المتضررون من الأضاحي الفاسدة على تعويضات؟
La procédure engagée par les autorités sanitaires est rigoureuse. Sur simple appel via les numéros mis en place pour l’occasion, des vétérinaires et des techniciens se déplacent directement au domicile des particuliers. Leur rôle est d’inspecter la carcasse, d’évaluer l’état sanitaire de la viande et, si nécessaire, de prélever des échantillons.
Ces derniers sont ensuite envoyés en laboratoire pour analyse afin de déterminer la cause exacte du problème. Grâce au numéro de la boucle d’identification fixée à l’oreille de l’animal, les services vétérinaires peuvent retracer précisément le parcours du mouton, de son exploitation d’origine jusqu’à sa mise sur le marché.
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La grande question qui occupe aujourd’hui l’opinion publique et les associations de protection des consommateurs reste celle de la responsabilité et de l’indemnisation. Peut-on exiger un dédommagement? La réponse juridique est nuancée. Selon les principes du droit commercial appliqués aux marchés de bétail, l’éleveur ne peut être tenu responsable des pathologies internes invisibles à l’œil nu au moment de la transaction.
En clair, si l’animal paraissait sain lors de l’achat, le vendeur est présumé de bonne foi. Cette protection légale repose sur l’idée que l’éleveur ne peut pas deviner une maladie interne, tout comme un médecin ne peut être tenu à une obligation de résultat pour une pathologie complexe.
Dans ce contexte, Bouazza Kherrati, président de la Fédération marocaine des droits du consommateur (FMDC), a tenu à tempérer la situation, précisant que la Fédération n’a reçu, à ce jour, qu’une seule plainte officielle liée à ce sujet.
M. Kherrati a ainsi rappelé que la loi n’oblige l’éleveur à dédommager l’acheteur que dans des cas très spécifiques, comme lors de la découverte de pathologies précises telles que la tuberculose bovine. Il a ajouté que la détermination de la responsabilité demeure un exercice complexe, notamment parce que c’est généralement le consommateur lui-même qui choisit et inspecte l’animal lors de la transaction.
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Toutefois, la donne change radicalement dès lors que la fraude est prouvée. Comme nous l’a confirmé une source vétérinaire, l’éleveur peut être tenu pour responsable si les analyses de laboratoire confirment que la dégradation de la viande est la conséquence directe de pratiques illicites — comme l’utilisation de produits d’engraissement interdits, de compléments alimentaires non autorisés ou d’antibiotiques détournés de leur usage vétérinaire pour accélérer la croissance de l’animal — la responsabilité de l’éleveur est alors engagée.
Un dispositif sanitaire sous haute surveillance
Face à cette situation, l’ONSSA a déployé un dispositif logistique massif pour rassurer la population. Durant toute la période des festivités, ce sont près de 500 médecins vétérinaires et techniciens qui ont été mobilisés en permanence à travers l’ensemble des préfectures et provinces du Royaume.
Cette présence sur le terrain visait à répondre en temps réel aux interrogations des citoyens et à assurer une veille sanitaire rigoureuse. Selon les autorités, bien que certains cas aient été signalés, ces incidents restent isolés et géographiquement dispersés, loin de l’ampleur alarmiste relayée par certains contenus sur les réseaux sociaux.
Concrètement, les services de l’Office ont été submergés par une demande forte, traitant plus de 2.000 appels téléphoniques et interactions via les plateformes numériques de l’institution. Cette réactivité a permis d’effectuer des visites directes dans plus de 350 foyers.
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Lors de ces interventions à domicile, les experts vétérinaires ont procédé à l’examen complet des carcasses et des abats, prodiguant des conseils sur mesure aux familles. Dans plusieurs cas, les autorités ont pu rassurer les propriétaires après avoir constaté que la viande était saine, tout en recommandant, par mesure de précaution, de ne pas consommer certaines parties spécifiques comme le foie. En revanche, lorsque les altérations étaient généralisées, l’ordre de destruction de la carcasse a été émis pour éviter tout risque sanitaire.
Parallèlement à cette assistance de proximité, les équipes de contrôle ont maintenu une vigilance constante sur les abattoirs agréés et les boucheries afin de garantir la conformité des viandes. Grâce au numéro vert (080 100 36 37) mis à disposition par l’ONSSA, la coordination entre l’alerte citoyenne et l’intervention technique a été immédiate.







