Marrakech: le poulet atteint 26 DH le kilo, la sardine en solution de repli

Un vendeur de volailles sur un marché à Marrakech. (M.Lemrihi/Le360)

Le 27/10/2026 à 10h27

VidéoUne pièce à 70 DH, un kilo de poulet vif entre 24 et 26 DH et des ventes au ralenti. Dans les marchés de Marrakech, consommateurs et commerçants subissent la flambée des prix. Les professionnels mettent en cause la baisse de la production, après une période de fortes pertes pour les éleveurs. Reportage.

À Marrakech, les prix du poulet connaissent une forte hausse. Le kilo de poulet vif s’affiche désormais entre 24 et 26 dirhams, et une volaille entière coûte entre 60 et 70 dirhams. Une hausse qui pèse sur le budget des ménages et ralentit l’activité des commerçants.

Dans les marchés de la ville ocre, l’activité est nettement en baisse. Clients comme vendeurs expriment leur mécontentement face à cette envolée des prix.

«C’est dur. Il y a des gens qui n’arrivent même plus à acheter de quoi nourrir une famille de quatre personnes», témoigne un consommateur. Pour lui, le poulet et la sardine, longtemps considérés comme des produits accessibles, deviennent de plus en plus difficiles à acheter.

Selon les commerçants, cette hausse s’explique en partie par la raréfaction des volailles sur les marchés. «Cette semaine, le poulet se fait rare et, avec ces prix, les clients achètent moins. Nous sommes donc obligés de réduire les quantités que nous approvisionnons», explique un vendeur.

D’après Hicham Ben Moumena, président de l’Association des commerçants de volailles en gros et au détail de la région Marrakech-Safi, cette hausse s’inscrit dans un cycle habituel de fluctuations. Il rappelle que les prix avaient récemment chuté jusqu’à 6 dirhams le kilo à la sortie des fermes, soit la moitié du coût de production, estimé entre 12 et 13 dirhams.

«Cela a poussé la majorité des éleveurs à se désengager de l’activité et à arrêter la production», explique-t-il. Selon lui, le retrait de nombreux producteurs a réduit le nombre d’acteurs présents sur le marché. «Lorsque l’offre devient faible et que la demande reste forte, les prix augmentent. C’est ce qui s’est produit avec la volaille», analyse-t-il.

Les détaillants, eux, affirment que leurs marges restent faibles. «Nous vendons toujours la même chose. Notre marge est d’environ deux dirhams, que les prix montent ou baissent», assure un commerçant. Il ajoute que lorsque le poulet devient trop cher, les ventes chutent et qu’il préfère alors s’approvisionner en petites quantités.

Pour les ménages, cette flambée impose de revoir les habitudes alimentaires. Une large partie des citoyens a dû modifier ses habitudes de consommation et chercher des alternatives pour remplacer les viandes blanches sur la table. La sardine est ainsi devenue un recours obligé, même si son prix a lui aussi grimpé, pour atteindre 18 dirhams le kilo. «Les gens se rabattent sur la sardine, mais tout devient cher», constate un consommateur.

Face à cette situation, les consommateurs et les professionnels appellent à une intervention des pouvoirs publics pour rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande, soutenir la production et limiter les tensions sur le marché. L’enjeu est de permettre aux ménages de retrouver un accès abordable à cette source de protéines, tout en préservant l’activité des petits commerçants.

Par Mohamed Lemrihi
Le 27/10/2026 à 10h27