Imad, le jeune Marocain poignardé en pleine rue à Plasencia, en Espagne, a été inhumé ce vendredi 6 novembre à Fqih Bensaleh, sa ville d’origine, après la prière de la mi-journée. Âgé de seulement 22 ans, il avait succombé à ses blessures quelques heures après l’agression à l’hôpital Virgen del Puerto, où il avait été transporté en urgence.
Plusieurs dizaines de membres de la famille et de proches avaient fait le déplacement pour accompagner le jeune homme jusqu’à sa dernière demeure.
La cérémonie s’est déroulée dans une profonde émotion. La mère d’Imad, inconsolable, a été victime de plusieurs malaises, tandis que ses proches, en larmes, tentaient de la soutenir. Plusieurs dizaines de membres de la famille et d’amis s’étaient réunis pour accompagner le jeune homme jusqu’à sa dernière demeure.
En Espagne, l’enquête se poursuit
Si Imad repose désormais sur sa terre natale, les circonstances exactes de sa mort restent à élucider. À Plasencia, ville de la communauté autonome d’Estrémadure, dans l’ouest de l’Espagne, l’enquête judiciaire se poursuit.
Le principal suspect, âgé de 19 ans, demeure en détention provisoire dans le cadre de l’enquête pour homicide. Un second homme de 26 ans, également interpellé, a été remis en liberté sous contrôle judiciaire. Il reste mis en cause pour son rôle présumé dans la tentative de fuite du principal suspect ainsi que pour une infraction liée aux stupéfiants.
Lors d’une perquisition au domicile que les deux hommes partageraient, selon l’avocat du second suspect, les policiers ont saisi 17 armes blanches, deux imitations d’armes à feu ainsi que des stupéfiants.
Une machette a par ailleurs été retrouvée au cours des recherches effectuées sur l’itinéraire emprunté lors de la fuite. L’arme a été transmise aux services de la police scientifique afin de déterminer si elle a servi à frapper Imad, le commissariat de Plasencia ne disposant pas des moyens techniques nécessaires pour procéder lui-même aux analyses.
Les résultats de ces expertises n’ont pas encore été rendus publics.
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Une famille endeuillée qui réclame toujours justice
L’inhumation d’Imad au Maroc ne met pas un terme au combat de sa famille pour obtenir des réponses. Ses proches demandent que toute la lumière soit faite sur les circonstances de l’agression et que les enquêteurs examinent l’hypothèse d’un mobile raciste, qu’ils dénoncent depuis le drame. À ce stade, ce mobile n’a pas été publiquement établi par les autorités.
Le frère d’Imad a lui aussi réclamé que justice soit faite, dans un message publié sur les réseaux sociaux. «Je ne demande pas vengeance, je demande justice», a-t-il écrit.
Cette demande avait également été portée dans les rues de Plasencia, où plusieurs dizaines d’habitants, de proches et de membres de la communauté musulmane s’étaient réunis sur la Plaza Mayor pour rendre hommage à Imad. Une minute de silence avait été observée en sa mémoire.
Présente au rassemblement, sa mère avait brandi une pancarte sur laquelle on pouvait lire «Nous voulons la justice, pas l’impunité».
La Communauté islamique de Plasencia a, de son côté, condamné les violences et demandé que les faits soient pleinement élucidés, tout en appelant à ne pas alimenter les rumeurs et les spéculations autour de l’affaire. Ses représentants ont également regretté le faible retentissement médiatique de la mort du jeune Marocain, estimant que le drame n’avait pas bénéficié de l’attention qu’il méritait dans une grande partie de la presse espagnole.
Ce vendredi, à Fqih Bensaleh, la famille a fait ses derniers adieux à Imad. Mais de l’autre côté du détroit, à Plasencia, l’enquête est loin d’être terminée. Pour ses proches, le deuil s’accompagne désormais d’une exigence qui demeure entière, connaître la vérité sur sa mort et obtenir justice.










