Mounir Lymouri, ancien maire de Tanger, élu en 2021 sous les couleurs du PAM (Parti authenticité et modernité), a comparu le 4 novembre, avec son comptable et coaccusé, devant le juge d’instruction près la cour d’appel de Tanger. Les deux hommes sont poursuivis dans l’affaire du trucage de bulletins de vote au bureau de vote de l’école Al Qods, à Tanger, le 23 septembre dernier.
Dans son édition du vendredi 6 novembre, le quotidien arabophone Al Akhbar rapporte que l’audition des deux accusés a duré quelque quatre heures, à l’issue desquelles trois autres auditions ont été programmées pour les 9, 10 et 11 novembre courant. Des confrontations sont prévues entre les différents protagonistes de ce dossier en vue de faire la lumière sur tous les faits qui l’ont marqué.
L’audition du 4 novembre intervient après un report des premières auditions à la demande des avocats de Lymouri, qui avaient mis en avant la fragilité de son état de santé.
Mercredi, ces avocats ont à nouveau demandé un report, arguant que l’état de santé de leur client s’était sensiblement dégradé, et ce, au moment où d’importantes décisions du parquet général sont attendues dans le sillage de nouveaux rebondissements issus de l’enquête judiciaire dans cette affaire.
Lymouri est poursuivi en détention provisoire après son arrestation à l’aéroport de Tanger-Ibn Battouta, à son retour d’une courte cavale en Espagne, après l’émission d’un mandat d’arrêt à son encontre. Visé par une enquête judiciaire, il a été accusé d’avoir porté atteinte à la transparence du processus électoral lors du scrutin du 23 septembre dernier.
En plus du comptable de Lymouri, plusieurs autres personnes sont suspectées de complicité active dans ce dossier, dont des présidents de bureaux de vote et leurs adjoints. Cette affaire a fait l’objet d’une enquête et d’un communiqué du ministère de l’Intérieur, qui a réagi dès l’éclatement des faits, alors même que les opérations de vote étaient toujours en cours. Toutes les personnes impliquées ont été interrogées dans le cadre de l’enquête judiciaire visant à déterminer la responsabilité de chaque accusé.
Al Akhbar conclut en précisant que cette affaire n’est pas seulement judiciaire, mais qu’elle aura des répercussions politiques négatives. En effet, Lymouri, qui assumait de nombreuses responsabilités institutionnelles, était le président du Conseil communal de Tanger, et donc le premier édile chargé de la gestion locale de l’une des plus grandes villes du pays. Son éventuelle condamnation et la confirmation des faits graves qui lui sont reprochés se répercuteront comme une onde de choc sur de nombreux secteurs locaux, qu’ils soient économiques, sociaux ou politiques.




