Double meurtre à Mohammedia: ce que révèle le deuxième jour de ratissage dans la forêt 33

Dans les coulisses des opérations de ratissage menées dans la forêt 33, à Mohammedia, au deuxième jour des recherches. (A.Ettahiri/Le360)

Le 04/11/2026 à 17h44

VidéoDeux jours après la découverte des corps de deux jeunes hommes dans la forêt 33, à Mohammedia, les opérations de ratissage se poursuivent. Les recherches révèlent des abris improvisés et des espaces occupés à l’écart des principaux accès. Une situation qui alimente les inquiétudes des habitants du secteur.

Au lendemain de la découverte des corps de deux jeunes hommes dans la forêt 33, à Mohammedia, les opérations de ratissage se poursuivent. Pour leur deuxième jour sur le terrain, les éléments de la Gendarmerie royale, appuyés par les Forces auxiliaires, continuent de passer au peigne fin ce vaste espace boisé, situé en lisière de la ville. Sur place, les recherches mettent au jour un visage de la forêt que peu de gens connaissaient.

À mesure que l’on s’éloigne des accès principaux, le décor change. Entre les arbres, des tentes en plastique, des cabanes improvisées et des abris de fortune occupent certains espaces à l’écart des sentiers, loin des regards des promeneurs.

Selon des informations recueillies sur place, certains de ces espaces serviraient de point de chute à des individus impliqués dans le trafic de drogue. Autour de ces abris, des bouteilles, des mégots de cigarettes et divers déchets sont éparpillés au sol. Des signes qui donnent une idée de la fréquentation de ces espaces, à l’écart des principaux accès de la forêt.

Une forêt qui inquiète les riverains

Pour les habitants du quartier, ces découvertes renvoient à une situation qui ne date pas d’hier. L’un des riverains interrogés évoque notamment la vente de drogue dans la forêt, une activité dont les habitants ont connaissance. «C’est ce que nous savons. Pour le reste, nous ne savons pas ce qui s’y passe», explique-t-il. Les endroits reculés et difficiles d’accès de la forêt pourraient servir de refuge à ces activités. Reste que rien ne permet, à ce stade, de les associer au meurtre des deux jeunes hommes.

Pour les riverains, la découverte des deux corps a donné une tout autre dimension à ces inquiétudes. «C’est un grand choc pour les habitants. La forêt était agréable avant que tout cela n’arrive. Ces derniers temps, il s’y passe beaucoup de choses mauvaises. Deux personnes ont perdu la vie et maintenant, nous avons peur d’y aller», témoigne un autre habitant. Il espère que les lieux retrouveront leur tranquillité et que la forêt sera nettoyée.

C’est dans ce contexte que les opérations se poursuivent. Depuis la découverte des corps, les gendarmes et les agents des Forces auxiliaires inspectent les sentiers forestiers et les endroits les plus reculés, dont certains sont difficiles d’accès. Les équipes avancent zone par zone, en s’enfonçant entre les arbres. Leur objectif est de recueillir tout élément susceptible d’aider les enquêteurs à reconstituer le déroulement des faits.

La taille de la forêt et la configuration du terrain rendent la tâche délicate. Certaines zones peuvent en effet receler des traces ou des indices utiles à l’enquête judiciaire, ce qui explique la durée et l’ampleur du dispositif. Les investigations devront notamment déterminer si les lieux inspectés et les éléments relevés sur place peuvent apporter de nouvelles pistes.

À ce stade, aucun suspect n’a été officiellement identifié, et les circonstances de la mort des deux jeunes hommes restent à éclaircir. Les résultats de l’enquête judiciaire et des investigations de terrain devraient permettre d’y voir plus clair.

Par Ali Tantani et Abderrahim Ettahiri
Le 04/11/2026 à 17h44