Settat: un crime vieux de 26 ans, cinq condamnés dont un pharmacien et 140 ans de prison

Feu Ahmed Nabih, ancien président de la commune de Sidi El Aïdi, dont le meurtre, commis à l’été 2000, a connu son épilogue judiciaire 26 ans plus tard.

Il aura fallu plus d’un quart de siècle pour que l’un des plus anciens dossiers criminels de la région de Settat connaisse enfin son épilogue judiciaire. Ce lundi 5 octobre 2026, la Cour d’appel de Settat a rendu son verdict dans l’affaire du meurtre, en 2000, de l’ancien président de la commune de Sidi El Aïdi. Cinq accusés ont été condamnés à un total de 140 ans de prison ferme, quatre à 30 ans chacun et un cinquième à 20 ans.

Le 05/10/2026 à 19h23

L’histoire commence à l’été 2000. L’ancien président de la commune de Sidi El Aïdi, Ahmed Nabih, alors âgé de près de 80 ans, disparaît dans des circonstances mystérieuses alors qu’il rentre de sa propriété. Le lendemain, son corps est retrouvé à l’intérieur de son véhicule, abandonné sur un chemin rural dans la région de Sidi El Aïdi. La victime porte les traces d’une attaque d’une rare violence, avec 33 coups de couteau. Une enquête est immédiatement ouverte, mais le dossier va rapidement s’enliser.

Pendant des années, le crime reste entouré de zones d’ombre. Les investigations vont progressivement s’intéresser à l’entourage de la victime et surtout à un autre dossier qui avait opposé celle-ci à plusieurs protagonistes. Il s’agit d’une affaire portant sur des documents et des transactions foncières présumés falsifiés. Le président de la commune de Sidi El Aïdi s’était notamment mobilisé en faveur de trois femmes qui affirmaient avoir été victimes de falsifications destinées à permettre l’appropriation de leurs biens.

C’est dans ce contexte qu’apparaît notamment le nom d’un pharmacien exerçant à Casablanca, qui figurera par la suite parmi les personnes poursuivies dans le dossier criminel. Les investigations vont également s’intéresser à son frère et à d’autres personnes soupçonnées d’avoir participé, à des degrés différents, au meurtre.

26 ans plus tard, la Cour d’appel tranche

Mais l’affaire va rester pendant de longues années sans véritable dénouement. Les investigations et les expertises se poursuivent, tandis que les proches de la victime continuent de réclamer que toute la lumière soit faite sur les circonstances de sa mort. Le dossier traverse ainsi les années 2000 avant de connaître un tournant judiciaire près de deux décennies après les faits.

En 2018, le dossier franchit une étape décisive avec le renvoi de cinq personnes devant la justice. Trois d’entre elles sont poursuivies pour meurtre avec préméditation et guet-apens, tandis que deux frères, dont le pharmacien, sont poursuivis pour leur participation au meurtre. Le dossier entre alors dans une nouvelle phase judiciaire, marquée par plusieurs audiences et reports.

Les années passent encore. Le meurtre, lui, continue de peser sur un dossier judiciaire devenu emblématique de la longueur et de la complexité de certaines procédures criminelles. Jusqu’à ce lundi 5 octobre 2026, date à laquelle la cour d’appel de Settat a finalement tranché.

Le pharmacien figure parmi les quatre accusés condamnés à 30 ans de prison ferme, tandis qu’un cinquième prévenu a écopé de 20 ans. Au total, les cinq condamnations représentent 140 années de prison. À l’issue du prononcé du jugement, les condamnés ont été interpellés au siège même de la cour d’appel de Settat. La justice met ainsi un terme à une affaire ouverte avec la disparition d’Ahmed Nabih, à l’été 2000, et qui aura nécessité 26 années d’enquêtes, d’expertises et de procédures.

Par La Rédaction
Le 05/10/2026 à 19h23