Superficie, offre, gestion... Ce qu’il faut savoir sur les zones industrielles de défense

Dans une usine de production de véhicules blindés de combat. (Photo d'illustration). AFP or licensors

C’est à Nouaceur et à Sidi Yahya que la SGZID gère ses deux zones industrielles de défense. Elles couvrent 675 ha. Plus de dix clients lui ont déjà confié leurs projets. La société est issue d’un partenariat à parts égales entre l’Agence de logements et d’équipements militaires (ALEM) et MEDZ, filiale du groupe CDG. Elle a été créée en juillet 2025. Son rôle couvre le développement, l’aménagement, la commercialisation et la gestion des zones.

Le 15/10/2026 à 08h15

Ce sont deux zones industrielles de défense, à Nouaceur et à Sidi Yahya, que développe la SGZID. Elles totalisent 675 hectares de terrains destinés aux industriels du secteur. Selon les Forces armées royales, la zone de Nouaceur s’étend sur 75 ha de terrains équipés. Les lots s’étendent sur 3.000 à 9.000 m². Et peuvent être fusionnés jusqu’à 6 ha. La Société de gestion des zones industrielles de défense (SGZID) propose une cession de terrain et une maîtrise d’ouvrage déléguée à la demande.

Les FAR précisent que ces zones vont contribuer à bâtir un système industriel de défense national intégré. Elles doivent également «soutenir le transfert de technologie et d’expertise, encourager l’innovation, développer les capacités nationales et renforcer l’indépendance du Royaume dans ce domaine stratégique».

La zone de Nouaceur est conçue pour accueillir les entreprises éligibles du secteur de la défense. Elle leur offre un environnement dédié pour leurs ambitions industrielles et leur croissance à long terme. Son périmètre couvre le développement, la production, l’assemblage et l’intégration. Elle vise des projets à forte valeur ajoutée qui renforcent les capacités nationales.

Les parcelles et les installations sont planifiées autour des besoins des fabricants. L’objectif est d’assurer l’efficacité opérationnelle tout en laissant de la place à l’évolution de leurs activités. Équipements de défense, systèmes de surveillance et technologies de précision doivent se retrouver sur le site. Les FAR parlent d’un écosystème fondé sur l’innovation, l’expertise technique et une coopération plus étroite entre industriels.

La seconde zone se trouve à Sidi Yahya, près de Kénitra. Elle est en cours de développement. Elle est conçue pour accueillir des industries stratégiques, avec des infrastructures dédiées dans un environnement sécurisé et planifié.

Le site couvre 600 ha de terrains équipés. Les lots vont de 3 à 60 ha. Ils sont proposés à la location. La maîtrise d’ouvrage déléguée est aussi disponible à la demande. Des entrées distinctes sont prévues pour le fret, le personnel et les piétons. Elles garantissent un flux ordonné des circulations et intègrent le contrôle d’accès à l’organisation du site.

À l’entrée, un pôle institutionnel et opérationnel réunit les services essentiels. Il comprend le bâtiment administratif et les installations de la Gendarmerie royale et des Douanes. Une structure de protection civile complète le dispositif. Elle doit soutenir la préparation et la réponse aux situations d’urgence.

Parallèlement, les parcelles industrielles accueilleront les fabricants de défense et les activités connexes. Des bunkers de stockage dédiés sont conçus pour respecter les normes de sécurité nationales et internationales. De plus, une réserve foncière est prévue pour l’extension de la zone et l’évolution des besoins industriels.

La SGZID, un partenariat à parts égales

La SGZID est issue d’un partenariat à parts égales entre l’Agence de logements et d’équipements militaires (ALEM) et MEDZ, filiale du groupe CDG. Elle gère aujourd’hui les deux zones. Plus de dix clients lui ont déjà confié leurs projets.

Son offre associe du foncier viabilisé, un accompagnement complet des investisseurs, des procédures administratives simplifiées et l’accès aux grands réseaux logistiques. La société dit vouloir réunir fabricants marocains et partenaires internationaux. Elle met en avant le transfert de technologie, l’emploi qualifié et le renforcement des chaînes de valeur locales. Elle y voit les leviers d’une industrie de défense compétitive et souveraine.

Selon le général de brigade Slimane Tehmouni, président du conseil d’administration de la SGZID, «le développement d’une base industrielle et technologique de défense nationale constitue un enjeu stratégique. À travers SGZID, nous créons les conditions permettant de renforcer durablement les capacités industrielles du Royaume et de favoriser des partenariats à forte valeur ajoutée».

Fayçal Bennouna Louridi, directeur général de la SGZID, indique la place que la société veut occuper. «Notre ambition est de faire de SGZID un partenaire de référence des industriels de la défense, en leur offrant un environnement dédié, performant et un accompagnement de proximité pour concrétiser et développer leurs projets au Maroc», affirme-t-il.

Créée en juillet 2025, la SGZID a fait du Marrakech Air Show 2026 le cadre de sa première prise de parole publique. Selon un communiqué de l’État-Major Général des FAR, cette participation intervient à un moment charnière. La mise en œuvre des zones d’accélération industrielle dédiées à la défense entre dans sa phase opérationnelle.

Conformément aux orientations du roi Mohammed VI, chef suprême et chef d’état-major général des FAR, le Maroc s’est engagé dans la construction d’une industrie nationale de défense. La loi n°10-20, relative aux matériels et équipements de défense et de sécurité, aux armes et aux munitions, a ouvert ce secteur à l’investissement industriel, national comme étranger.

Équipements, composants et services de défense

Les zones de la SGZID doivent accueillir au Maroc la production d’équipements, de composants et de services de défense. Elles doivent aussi sécuriser des chaînes d’approvisionnement critiques et faire émerger une expertise technologique nationale. L’objectif est de renforcer l’autonomie stratégique du Royaume et de faire de l’industrie de défense un levier de croissance, d’emplois qualifiés et d’exportation.

La SGZID assure le développement, l’aménagement, la commercialisation et la gestion de ces zones. Elles offrent aux industriels un environnement conçu pour les exigences du secteur, avec du foncier aménagé, des standards de sécurité renforcés, des services intégrés et un accompagnement de bout en bout. La société facilite l’implantation des investisseurs, favorise les partenariats industriels et technologiques et contribue à la montée en compétences de l’écosystème national.

Une dizaine de protocoles d’accord

Toujours d’après le communiqué de l’État-Major Général des FAR, la SGZID a engagé, en amont du salon, des discussions avec un portefeuille diversifié d’industriels marocains et internationaux, représentatifs de plusieurs métiers et technologies de défense.

Cette dynamique s’est traduite par la signature prévue d’une dizaine de protocoles d’accord, lesquels portent sur des projets à différents stades de maturité. Ils couvrent plusieurs maillons de la chaîne de valeur: munitions et systèmes d’armes, drones et systèmes autonomes, aéronautique, maintenance et réparation (MRO), électronique de défense, communications et systèmes embarqués et matériaux et composants.

Par Hajar Kharroubi
Le 15/10/2026 à 08h15