Stress hydrique à Tata: l’arrêt de l’agriculture hydrivore, un tournant écologique dans le Sud

Des pastèques dans des cageots.

Revue de presseFace à l’assèchement inquiétant de ses nappes phréatiques, la province de Tata interdit désormais l’extension de la culture de la pastèque et des plantations à forte consommation d’eau. Entre contrôles renforcés, rebouchage des puits illégaux et quête d’alternatives pour les agriculteurs, les autorités publiques engagent un bras de fer décisif pour préserver ce qui reste des ressources hydrauliques de la région. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 14/10/2026 à 19h51

Face à la dégradation continue des ressources en eau dans les régions du sud du Maroc, les autorités locales intensifient leurs mesures pour lutter contre le gaspillage hydrique et protéger les nappes phréatiques fragilisées par une sécheresse persistante. Dans ce contexte, le gouverneur de la province de Tata a promulgué cette semaine une décision administrative portant le numéro 373, imposant une interdiction temporaire des cultures saisonnières à forte consommation d’eau en dehors des périmètres traditionnels des oasis, à leur tête la culture de la pastèque sous toutes ses variétés, rouge, jaune et verte, pour la saison agricole 2026/2027, indique le quotidien Al Ahdath Al Maghribia de ce jeudi 15 octobre.

Cette réglementation s’inscrit dans un cadre juridique et législatif strict régissant la gestion de l’eau et les prérogatives des gouverneurs, conformément aux dispositions de la loi 36.15 relative à l’eau et aux textes réglementaires régissant les collectivités territoriales. La décision fait suite aux avis techniques rendus par le directeur de l’Agence du bassin hydraulique de Drâa-Wad Noun le 9 octobre 2026, ainsi qu’aux recommandations émises lors de la réunion de la commission provinciale de l’eau d’avril 2026. L’application de ce texte a été confiée aux autorités locales, aux services de sécurité, à la Gendarmerie Royale, aux forces d’appoint ainsi qu’aux directions provinciales concernées afin de pallier l’absence prolongée de précipitations et son impact dévastateur sur les réserves souterraines de la province.

L’initiative prise à Tata n’est pas isolée mais rejoint une dynamique d’urgence déjà adoptée par plusieurs autres provinces marocaines confrontées au stress hydrique, telles que Zagora, Errachidia et Guelmim, qui ont également édicté des arrêtés préfectoraux similaires. Ces décisions s’appuient sur un constat alarmant concernant l’épuisement rapide des nappes phréatiques de surface et profondes causé par la culture intensive et à grande échelle de la pastèque et d’autres cultures saisonnières très gourmandes en eau.

Seules restent autorisées les activités agricoles subsistantes et traditionnelles pratiquées au sein des oasis historiques, indispensables au maintien de la stabilité socio-économique des populations locales. En revanche, tout élargissement des investissements agricoles intensifs en dehors de ces écosystèmes fragiles est désormais strictement proscrit, lit-on dans Al Ahdath Al Maghribia.

Afin d’assurer le respect rigoureux de ces dispositions, le texte prévoit un renforcement majeur du contrôle des opérations de forage et d’approfondissement des puits, tout en obligeant l’ensemble des exploitations agricoles autorisées à installer des compteurs d’eau pour mesurer avec précision les volumes prélevés. L’application effective sur le terrain sera supervisée par des commissions provinciales et locales de suivi et de contrôle associant des représentants des autorités, de l’Agence du bassin hydraulique, de la Direction provinciale de l’agriculture et de la Gendarmerie Royale. Ces brigades effectueront des tournées d’inspection impromptues pour vérifier les surfaces cultivées et dresser des procès-verbaux d’infraction à l’encontre des contrevenants.

Les sanctions prévues à l’égard des exploitants contrevenants sont particulièrement dissuasives, allant du rebouchage immédiat des puits non autorisés à la confiscation des équipements agricoles utilisés, en passant par l’interdiction totale d’exercer toute activité agricole illégale. Ces mesures fermes témoignent de la volonté des autorités publiques de stopper l’expansion anarchique de cultures à forte empreinte hydraulique dans des zones désertiques et pré-sahariennes dont la survie dépend directement de la préservation de leurs rares ressources souterraines.

Afin d’atténuer l’impact socio-économique de ces restrictions sur la population rurale, les services agricoles, en collaboration avec leurs partenaires du secteur, s’engagent à accompagner les petits agriculteurs et les éleveurs touchés par ces décisions. Cet accompagnement se traduira par la mise en place d’alternatives agricoles adaptées, la promotion de filières moins budgétivores en eau et le financement de plans de diversification économique garantissant des revenus durables tout en préservant le patrimoine naturel et écologique de la région.

Par La Rédaction
Le 14/10/2026 à 19h51