Automobile: comment Kénitra s’est imposée en pilier industriel de valeur

La zone franche Atlantic free zone, à Kénitra.. DR

Revue de presseDeuxième pôle automobile du Royaume avec 29% du chiffre d’affaires national en 2024, la région Rabat-Salé-Kénitra confirme la solidité de son modèle. Porté par le dynamisme de Kénitra et de son Atlantic Free Zone, ce territoire illustre la réussite des écosystèmes intégrés dans un secteur en pleine mutation technologique. Cet article est une revue de presse tirée de Challenge.

Le 14/10/2026 à 20h03

Certaines données statistiques dépassent le simple rôle d’indicateur pour devenir le reflet d’une véritable transformation structurelle. Les résultats publiés par le Baromètre de l’Industrie Marocaine 2025 s’inscrivent précisément dans cette dynamique en révélant que la région Rabat-Salé-Kénitra a généré 29% du chiffre d’affaires total de l’industrie automobile marocaine au cours de l’année 2024. Une telle performance positionne ce territoire au deuxième rang national, immédiatement derrière le pôle de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, détenteur de 53%, et loin devant celui de Casablanca-Settat qui cumule 14%.

Au-delà de cette hiérarchie, cette statistique traduit l’émergence d’une architecture économique particulièrement robuste où la création de valeur se concentre et se territorialise avec une efficacité remarquable, indique le magazine hebdomadaire Challenge. Cette part de marché, qui pèse près d’un tiers des revenus globaux du secteur automobile national, illustre la capacité de la région à s’imposer comme un centre névralgique de la richesse industrielle. Sur le plan financier, la performance globale du tissu industriel de Rabat-Salé-Kénitra a atteint près de 101 milliards de dirhams en 2024, soit environ 10,3 milliards de dollars, enregistrant une progression annuelle de 6,6% et un quasi-doublement par rapport à l’exercice 2021. Dans l’industrie automobile, où le chiffre d’affaires traduit la valeur réelle des ventes de véhicules et de composants au sein de chaînes d’approvisionnement mondiales complexes, de tels montants démontrent que le territoire a dépassé le stade de simple zone d’accueil d’usines pour devenir un acteur incontournable de la valeur ajoutée sectorielle.

L’analyse des moteurs de cette réussite met en lumière le rôle déterminant d’un ancrage local stratégique incarné par la ville de Kénitra, véritable cœur battant de cet essor régional. C’est en effet principalement à travers l’Atlantic Free Zone (AFZ), une zone d’accélération industrielle intégrée située à Kénitra, que se concrétise cette dynamique d’entraînement. En regroupant un réseau dense d’équipementiers, de constructeurs et de prestataires spécialisés, ce pôle crée un effet d’agglomération puissant. La proximité géographique et la fluidité des réseaux de sous-traitance permettent de réduire considérablement les coûts de coordination et les délais logistiques, transformant le bassin de Kénitra en un point d’ancrage territorial stratégique à l’échelle du Royaume, écrit Challenge.

Cette organisation repose sur une planification minutieuse matérialisée par l’essor des zones industrielles intégrées. Ces espaces hautement aménagés constituent l’infrastructure clé de la compétitivité automobile marocaine, offrant un environnement où la production en flux tendus s’effectue sans rupture. En minimisant les risques logistiques et en optimisant le partage des services et des compétences, ces zones créent un cadre prévisible indispensable aux industriels internationaux. L’expansion continue de cet écosystème ne se limite pas à la simple addition d’unités de production, elle stimule un cercle vertueux en favorisant la densification du tissu local et la montée en gamme technologique des fournisseurs.

Cette dynamique régionale s’inscrit par ailleurs dans une accélération sans précédent des investissements à l’échelle nationale. Les flux financiers injectés dans le secteur automobile marocain ont atteint 15,7 milliards de dirhams en 2024, contre 8,1 milliards de dirhams en 2021, matérialisant une hausse impressionnante de près de 94% sur trois ans. Cette augmentation massive des capitalisations s’explique par l’agrandissement soutenu des unités d’assemblage existantes, le déploiement continu de nouveaux équipementiers internationaux et la structuration progressive de filières d’avenir axées sur les technologies de pointe, à l’image des composants électroniques et de la fabrication de batteries pour véhicules électriques.

En consolidant fermement son deuxième rang national, la région Rabat-Salé-Kénitra confirme son statut de pilier stratégique face aux exigences et aux mutations de la compétition industrielle globale. Les performances mesurées par le Baromètre 2025 démontrent que la maîtrise du foncier industriel, l’efficience des infrastructures et l’intégration des acteurs locaux forment un modèle industriel durable. Face aux défis futurs liés au maintien de la compétitivité, à la formation des compétences et à l’accompagnement des transitions technologiques, ce pôle régional dispose désormais des leviers nécessaires pour pérenniser ses acquis et accompagner la souveraineté industrielle du Maroc.

Par La Rédaction
Le 14/10/2026 à 20h03