Soupçons d’irrégularités électorales à Tanger: Mounir Laymouri, maire de la ville, interpellé à l’aéroport Ibn Battouta

Mounir Laymouri, maire de Tanger.

Les éléments de la police ont interpellé le maire de Tanger, Mounir Laymouri, lundi matin à l’aéroport Tanger Ibn Battouta. Il venait de descendre d’un avion en provenance de Malaga. Son interpellation s’inscrit dans l’exécution du mandat de recherche émis à son encontre dans le cadre des investigations sur l’affaire de l’école Al Qods, à Casabarata.

Le 28/09/2026 à 09h29

Mounir Laymouri, maire de Tanger, a été interpellé ce lundi matin à l’aéroport Tanger Ibn Battouta, dès son arrivée d’un vol en provenance de Malaga. Il a été conduit à la préfecture de police de Tanger. Il faisait l’objet d’un mandat de recherche dans l’enquête sur les documents électoraux découverts à l’école Al Qods.

Tout juste après, le ministère de l’Intérieur a annoncé dans un communiqué avoir dépêché une commission d’inspection centrale à Tanger, à la suite des irrégularités qui ont entaché le scrutin dans deux bureaux de vote lors des élections législatives dans la circonscription de Tanger-Assilah.

Cette commission est chargée de faire la lumière sur la situation, en menant les enquêtes administratives nécessaires et en examinant les éléments relatifs à ces faits. En fonction des conclusions de ces investigations, le ministère prendra toutes les mesures administratives requises afin de déterminer les responsabilités légales, fait-on savoir.

«Contrairement aux fausses allusions, je n’ai aucun rapport avec cette affaire et je n’ai pas fui le Maroc. Je dois, en principe, rentrer lundi à Tanger après un déplacement professionnel en Espagne», avait-il déclaré hier, dimanche 27 septembre, à Le360.

L’affaire remonte au jour du scrutin, après la découverte de documents électoraux irréguliers dans un bureau de vote installé à l’école Al Qods, dans le quartier de Casabarata. Une vidéo montrant l’incident avait rapidement circulé sur les réseaux sociaux, suscitant une vive polémique.

Les investigations menées sous la supervision du parquet ont depuis conduit à l’interpellation de cinq suspects, parmi lesquels les présidents de deux bureaux de vote, leurs deux suppléants ainsi qu’une cinquième personne. Quatre ont été présentés au parquet général, tandis que le cinquième a été maintenu en garde à vue pour les besoins de l’enquête. Le parquet général a également saisi le juge d’instruction aux fins d’ouverture d’une information judiciaire, notamment pour des faits présumés d’atteinte aux opérations électorales et de falsification.

C’est dans le cadre de ces investigations que le nom de Mounir Laymouri, également responsable de la campagne électorale du PAM à Tanger, est apparu dans le dossier. Selon une source autorisée, l’un des mis en cause l’aurait cité lors de son audition. Des éléments de la police judiciaire se sont alors rendus au domicile du maire afin de l’entendre et d’organiser une confrontation avec ce suspect, lui aussi membre du PAM.

Les enquêteurs ont alors constaté que Mounir Laymouri avait quitté le territoire national jeudi soir à destination de l’Espagne. Un mandat de recherche a ensuite été émis à son encontre. Le maire assure toutefois que ce déplacement était exclusivement professionnel et conteste toute volonté de se soustraire aux investigations.

De son côté, la direction collégiale du Parti authenticité et modernité avait réagi dès le 23 septembre aux soupçons d’irrégularités entourant le scrutin à Tanger. Dans un communiqué, le parti avait dénoncé une «campagne malveillante et fabriquée» et un «complot politique», estimant que les faits rapportés dans certains bureaux de vote relevaient d’un «scénario soigneusement mis en scène» destiné, selon lui, à nuire à son image. Le PAM avait parallèlement apporté son soutien à l’ouverture d’une enquête judiciaire sous la supervision du parquet afin de faire toute la lumière sur l’affaire.

Par Said Kadry
Le 28/09/2026 à 09h29