Fraude électorale à Tanger: le parquet dévoile le mode opératoire, cinq suspects poursuivis

Dans un bureau de vote. (Photo d'illustration). AFP or licensors

Le procureur général du Roi près la Cour d’appel de Tanger vient de rendre publics, ce samedi 26 septembre, les résultats de l’enquête ouverte sur le sac de documents électoraux découvert à l’école Al Qods, à Casabarata. Le communiqué détaille le scénario retenu par les enquêteurs et annonce la saisine du juge d’instruction contre les suspects interpellés dans ce dossier. Les détails.

Le 26/09/2026 à 22h05

Dans un communiqué, le procureur général du Roi près la Cour d’appel de Tanger rappelle que le parquet avait annoncé, le 23 septembre, jour du scrutin, l’ouverture d’une enquête judiciaire après l’interpellation d’une personne en possession d’un sac contenant des documents électoraux. Les investigations et recherches préliminaires ordonnées dans ce cadre ont abouti à l’interpellation de cinq suspects, placés en garde à vue pour les besoins de l’enquête. Il s’agit de deux présidents de bureaux de vote, de leurs deux adjoints, ainsi que d’une cinquième personne.

Quatre des suspects ont été présentés ce jour devant le parquet. Le cinquième reste en garde à vue et sera déféré à l’issue de cette mesure. Selon le communiqué, le suspect interpellé en possession du sac occupait la fonction de vice-président d’un bureau de vote. Il a soustrait un lot de bulletins depuis l’intérieur du bureau, avec l’aide du président de ce même bureau, avant de les dissimuler dans le sac et de les sortir de l’école abritant le scrutin. Il a ensuite œuvré à les réintroduire dans deux bureaux de vote, en coordination avec les autres personnes impliquées.

Le procureur général du Roi a également précisé que les investigations préliminaires ont révélé que l’encre utilisée sur les bulletins saisis différait de celle employée dans les bureaux de vote. Sur la base de ces éléments, et dans un souci d’établir toutes les circonstances de l’affaire et d’identifier l’ensemble des personnes impliquées, quels que soient leur statut ou leur position, le parquet a décidé de saisir le juge d’instruction d’une demande d’ouverture d’une information judiciaire contre les personnes concernées, en détention préventive, pour suspicion d’avoir commis le crime d’atteinte aux opérations de vote, de falsification et de participation à ces faits.

Le parquet de Tanger a indiqué qu’il continuerait à suivre ce dossier afin de présenter les réquisitions nécessaires, dans le cadre de son souci d’application stricte de la loi.

Par Said Kadry
Le 26/09/2026 à 22h05