Les derniers développements au Conseil de sécurité de l’ONU concernant le Sahara marocain, qui ont abouti au non-renouvellement du mandat de la MINURSO, ont précipité la fin de la présence de cette mission sur le territoire marocain, a estimé samedi le politologue Tajeddine Hosseini.
Selon lui, le scénario initial reposait sur l’adoption du projet de résolution américain, qui consacrait davantage l’initiative marocaine d’autonomie sous souveraineté du Royaume tout en prévoyant une profonde évolution de la mission onusienne.
Le veto opposé par la Russie à ce texte a cependant empêché son adoption et, par conséquent, le renouvellement du mandat de la MINURSO.
Pour Tajeddine Hosseini, cette situation a ouvert la voie à la fin de la mission au Maroc. Il estime que la réaction de Rabat, exprimée à travers un communiqué du Cabinet royal, a tiré les conséquences juridiques et politiques de cette nouvelle donne, le mandat de la mission n’ayant pas été renouvelé.
Le politologue rappelle que le projet américain prévoyait également une révision en profondeur du rôle de la MINURSO, avec notamment une réduction importante de sa composante militaire et une redéfinition de ses missions sous l’autorité du Secrétaire général des Nations unies.
Selon son analyse, la dimension référendaire historique de la mission devait également être profondément remise en cause, alors que le plan d’autonomie marocain était appelé à occuper une place centrale dans le futur processus politique.
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Le projet de résolution américain avait obtenu 11 voix favorables au Conseil de sécurité. La Russie, membre permanent, a toutefois exercé son droit de veto, empêchant son adoption.
Un contre-projet présenté par Moscou n’a pas davantage réussi à obtenir le nombre de voix nécessaire à son adoption. Aucun des deux textes n’ayant été adopté, le mandat de la MINURSO est arrivé à expiration le 31 octobre 2026.
Tajeddine Hosseini considère que cette séquence diplomatique a produit un résultat contraire à celui recherché par Moscou en empêchant le renouvellement régulier de la mission onusienne.
Selon le politologue, le Maroc apparaît comme «le véritable vainqueur stratégique de cette situation».
Rabat a alors considéré que la MINURSO «n’avait plus de raison d’être et qu’elle devait se retirer», le mandat qui fondait juridiquement sa présence arrivant à expiration le 31 octobre à minuit.
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Pour Tajeddine Hosseini, cette évolution marque une rupture importante dans un dispositif onusien installé depuis 1991 et modifie profondément les paramètres dans lesquels le dossier du Sahara a été traité pendant plus de trois décennies.
Concernant le cessez-le-feu, le politologue souligne que le Maroc réaffirme son engagement à le respecter.
Il rappelle cependant que le Royaume maintient «avec fermeté son droit légitime à l’autodéfense», conformément à l’article 51 de la Charte des Nations unies, en cas de violation du cessez-le-feu ou d’agression contre son territoire.
Pour Tajeddine Hosseini, le veto russe aura donc produit un effet politique majeur: en empêchant l’adoption du texte américain, Moscou a également empêché le renouvellement du mandat de la MINURSO. Une nouvelle phase s’ouvre désormais dans le dossier du Sahara, sans la mission onusienne qui en constituait depuis 1991 l’un des principaux instruments sur le terrain.



