Le vote intervenu ce vendredi 30 octobre au Conseil de sécurité constitue une nouvelle étape dans le dossier du Sahara. Si le projet de résolution présenté par les États-Unis n’a finalement pas été adopté, en raison du veto opposé par la Russie, son contenu et surtout le résultat du scrutin n’en traduisent pas moins une évolution diplomatique notable. Onze membres du Conseil ont voté en faveur du texte, tandis que trois se sont abstenus. Seule la Russie a voté contre.
Au-delà de l’échec formel du projet, ce résultat témoigne d’un soutien majoritaire à une approche qui place l’initiative marocaine d’autonomie, sous souveraineté du Royaume, comme fondement des négociations en vue d’un règlement politique.
L’un des principaux enseignements de ce vote réside dans la place désormais accordée à cette initiative. Celle-ci n’est plus simplement considérée comme l’une des options envisageables ou comme une proposition parmi d’autres, mais comme le cadre de référence central, voire exclusif, des négociations. Une évolution qui s’inscrit dans la dynamique diplomatique enclenchée depuis l’adoption de la résolution 2797 et qui conforte la position défendue par Rabat auprès des instances internationales. Le fait que onze membres du Conseil de sécurité aient soutenu le projet américain, malgré son rejet par le veto russe, donne à cette orientation un poids politique difficile à ignorer.
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Le projet américain comportait également des pistes de réforme concernant la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), notamment à travers une éventuelle modification de son appellation et une révision de son mandat.
Il abordait aussi la nécessité de parvenir à une solution durable à la situation des populations vivant dans les camps de Tindouf. Ces propositions traduisent une volonté de réexaminer les mécanismes onusiens à la lumière des réalités politiques et du contexte actuel.
Créée en 1991 dans la perspective d’organiser un référendum d’autodétermination, la MINURSO n’a jamais pu mener à bien cette mission. L’effondrement du cessez-le-feu en novembre 2020 a, par ailleurs, profondément modifié le contexte dans lequel elle exerce ses activités. Dans cette perspective, la remise à plat de son mandat, voire le dépassement de son dispositif actuel, sont présentés comme une voie permettant d’adapter l’action des Nations unies à la recherche d’un règlement politique définitif.
Cette nouvelle configuration place également l’Algérie et le Polisario devant la nécessité de prendre la mesure des évolutions du rapport de force diplomatique. Le maintien de positions maximalistes, sans prise en compte des transformations du débat international, risque de les éloigner davantage d’un processus désormais davantage orienté vers la recherche d’une solution politique réaliste et durable. Le vote du 30 octobre ne règle certes pas le différend, mais il révèle un déplacement significatif du centre de gravité des discussions au Conseil de sécurité.
Il serait donc réducteur d’évaluer cette séquence à la seule lumière de la non-adoption du projet américain. Le veto russe a empêché l’adoption formelle du texte, mais il n’a pas effacé les onze voix qui l’ont soutenu ni la portée politique de cette majorité. Le scrutin confirme surtout que la question du Sahara entre dans une nouvelle phase, où le débat porte de plus en plus sur les modalités d’un règlement politique, la place centrale de l’initiative marocaine d’autonomie et l’adaptation des mécanismes onusiens à une réalité qui a profondément évolué depuis 1991.



