Une nouvelle affaire d’escroquerie présumée liée à l’importation de moutons implique un parlementaire. Le procureur général du Roi près la cour d’appel de Rabat a ordonné à la brigade économique et financière de la police judiciaire de Rabat d’ouvrir une enquête à la suite d’une plainte déposée par un ressortissant espagnol. «Ce dernier accuse un parlementaire affilié au Mouvement populaire et originaire de la région de Salé-Kénitra de l’avoir escroqué dans le cadre d’une transaction portant sur du bétail, pour un montant de 280 000 euros», rapporte le quotidien Assabah dans son édition du week-end des 31 octobre et 1er novembre.
Selon les éléments de la plainte, le parlementaire aurait usé de subterfuges en se faisant passer pour une personnalité influente, proche des hautes sphères de l’État. Lors de leurs échanges sur des applications de messagerie instantanée, il aurait notamment affiché une photo le montrant aux côtés d’autorités marocaines pour inspirer confiance au plaignant. L’avocat de ce dernier affirme que le suspect a profité de sa qualité de membre de la Chambre des représentants pour mener à bien sa manœuvre frauduleuse, tout en faisant intervenir une société enregistrée au nom de son fils afin de lui servir de couverture et de se soustraire à ses responsabilités pénale et commerciale.
Le plaignant espagnol n’a pas pu recouvrer les sommes dues après la livraison des cargaisons de moutons vivants vendues sans que le paiement initial ait été effectué. L’avocat souligne que «le recours à des apparences trompeuses et l’exploitation de relations supposées avec des personnalités haut placées constituent un mode opératoire frauduleux destiné à manipuler le fournisseur étranger et à le convaincre de livrer la marchandise en toute confiance».
Pour étayer son dossier, le représentant légal de la société espagnole a transmis au parquet de nombreux documents probants. Le dossier comprend notamment des factures et des documents d’exportation attestant la livraison des cargaisons de moutons, ainsi qu’un procès-verbal de retranscription de communications établi par un huissier de justice. Ce dernier comporte des enregistrements vocaux, des captures d’écran de conversations WhatsApp et l’image de profil utilisée par le principal mis en cause sur sa messagerie instantanée.
«Dans les prochains jours, un représentant de la société espagnole, considérée comme la principale victime de cette affaire, ainsi que le fils du parlementaire devraient être entendus par la justice», écrit Assabah. Parallèlement, le plaignant a mandaté un représentant légal au Maroc afin de suivre de près l’évolution de la procédure judiciaire engagée après l’échec de toutes les tentatives amiables de recouvrement des sommes dues. La plainte met également en cause une société marocaine spécialisée dans l’approvisionnement en bétail, accusée d’avoir participé aux manœuvres trompeuses ayant conduit à la livraison des animaux sans contrepartie financière.


