Le projet de création d’une commission d’enquête parlementaire sur les «fraqchia» franchit une nouvelle étape. Selon des sources parlementaires, les groupes de la Chambre des représentants affiliés au Parti authenticité et modernité (PAM) et au Parti de l’Istiqlal, tous deux membres de la majorité gouvernementale, ont officiellement décidé de se joindre aux formations de l’opposition – le Mouvement populaire (MP), le Parti du progrès et du socialisme (PPS), l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Parti de la justice et du développement (PJD) – ainsi qu’au groupe de l’Union constitutionnelle (UC), également membre de la majorité, afin de lancer cette initiative.
En revanche, le Rassemblement national des indépendants (RNI), formation conduite par le chef du gouvernement Aziz Akhannouch, n’a pas associé ses députés à cette démarche.
Ce qui relevait jusqu’ici d’une simple revendication de l’opposition se transforme ainsi en une initiative transpartisane susceptible de réunir le nombre de signatures requis pour la constitution d’une commission d’enquête. Celle-ci devrait porter sur le rôle présumé des «fraqchia», ces intermédiaires régulièrement mis en cause dans les circuits d’importation et de commercialisation du bétail.
Lire aussi : Tension maximale au sein de la majorité gouvernementale autour des «fraqchia»
Les promoteurs de cette initiative estiment que les importantes aides publiques accordées à l’importation des bovins et des ovins n’ont pas produit les effets attendus sur les prix de la viande rouge. Ils reprochent également à certains intermédiaires d’avoir contribué à des dysfonctionnements du marché du bétail à l’approche de l’Aïd al-Adha, favorisant, selon eux, la hausse des prix et les tensions sur l’approvisionnement.
Le ralliement du groupe de l’Union constitutionnelle, pourtant considéré comme un allié traditionnel du RNI au sein de la majorité, porte désormais à six le nombre de formations politiques engagées dans cette démarche. Une réunion de coordination entre les différents groupes signataires devrait se tenir dans les prochains jours afin d’arrêter les prochaines étapes procédurales, indiquent les mêmes sources.
Lire aussi : Les fraqchia, motif de divorce entre le PAM et le RNI?
Pour rappel, la constitution d’une commission d’enquête parlementaire est encadrée par la Constitution et par le règlement intérieur de la Chambre des représentants. Sa composition obéit au principe de la représentation proportionnelle des groupes parlementaires, garantissant la participation de la majorité comme de l’opposition.
Pour être recevable, la demande de création d’une telle commission doit être soutenue par au moins le tiers des membres de la Chambre des représentants, soit 132 signatures sur les 395 députés que compte l’institution.




