Tension maximale au sein de la majorité gouvernementale autour des «fraqchia»

البرلمان المغربي

Le Parlement marocain . DR

Revue de presseLe projet de création d’une commission d’enquête parlementaire sur le transport de marchandises par conteneurs sème la discorde au sein de la coalition au pouvoir. Alors que l’opposition réussit à rallier des députés de la majorité pour faire la lumière sur un gouffre financier estimé à sept milliards de dirhams, le Rassemblement National des Indépendants tente de bloquer une initiative perçue comme une arme électorale à l’approche des législatives, révélant ainsi de profondes fractures politiques et des accusations mutuelles de surenchère et de spéculation. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 21/06/2026 à 20h03

Le débat politique s’est brutalement intensifié au sein de la Chambre des représentants concernant la possible création d’une commission d’enquête parlementaire sur le dossier du transport de marchandises par conteneurs, communément appelé «fraqchia». Selon des sources internes de la majorité gouvernementale, citées par le quotidien Assabah dans son édition du lundi 22 juin, l’opposition a réussi à ébranler les rangs de la coalition au pouvoir. Cette dernière se retrouve désormais dans une position particulièrement inconfortable, notamment après que les députés du Parti de l’Istiqlal et du Parti Authenticité et Modernité ont accepté de soutenir l’initiative de l’opposition. Cette décision intervient alors qu’un mois seulement sépare la fin de la législature actuelle et que trois mois restent avant le début des élections législatives.

Des sources concordantes indiquent que des parlementaires issus des deux formations de la majorité ont formellement signé la demande de création de cette commission d’enquête. «Ce revirement fait suite à la paralysie persistante de la commission d’information parlementaire, qui n’a pas pu mener à bien sa mission en raison du refus systématique de l’opposition d’avaliser ses conclusions. Les enjeux financiers sont colossaux, les estimations des pertes potentielles s’élevant à près de sept milliards de dirhams», souligne Assabah.

Le sort de cette commission d’enquête doit être définitivement tranché au sein de la Chambre des représentants suite à une intervention jugée décisive des leaders de la coalition gouvernementale. Ces derniers ne s’étaient plus réunis depuis le départ de Aziz Akhannouch de la présidence du Rassemblement National des Indépendants, une absence de concertation qui a lourdement pesé sur les orientations générales de l’alliance tripartite.

Du côté du Rassemblement National des Indépendants, qui dirige la coalition gouvernementale, on espère bloquer la création de cette commission d’enquête. Le parti redoute que ce dossier ne soit instrumentalise par les forces d’opposition pour devenir une arme électorale redoutable, ciblant directement la politique agricole du parti de la colombe et perturbant le déroulement normal du scrutin. Les arguments avancés soulignent également que le calendrier restant avant la clôture de la session législative ne permet déjà plus, matériellement, le travail d’une simple commission d’information parlementaire, rendant ainsi totalement illusoire le déploiement d’une véritable commission d’enquête.

Ce différend politique majeur a également mis en lumière les difficultés de fonctionnement de la présidence de la majorité. La réunion des chefs de la coalition a été compromise par des incertitudes protocolaires, la question étant de savoir à qui incombait la responsabilité de convoquer les dirigeants: à Aziz Akhannouch en sa qualité de chef du gouvernement, ou à Mohamed Chaouki en tant que président du groupe parlementaire du Rassemblement National des Indépendants et leader de la coalition.

Dans ce climat de haute tension, les membres du Rassemblement National des Indépendants ont vivement critiqué l’attitude de leurs alliés de l’Istiqlal. Ils les accusent de se livrer à de la surenchère politique alors qu’ils ont parfaitement connaissance des dysfonctionnements qui touchent les circuits de distribution et les marchés. «Ils réfutent en bloc les chiffres avancés, qualifiant de totalement infondées les allégations concernant un soutien financier de sept milliards de dirhams», écrit Assabah.

La réplique des membres de l’Istiqlal ne s’est pas fait attendre. Ciblant directement les bénéficiaires des subventions qu’ils qualifient de profiteurs de crise, ils ont exigé le transfert immédiat de ces dossiers devant la justice. Ils ont rappelé les consignes de Nizar Baraka, le secrétaire général de l’Istiqlal, appelant à cesser l’augmentation des prix et la manipulation du pouvoir d’achat des citoyens. Selon eux, il est impératif de sanctuariser les budgets pour protéger les institutions plutôt que de distribuer des milliards à une poignée d’individus déconnectés des réalités du pays. Parallèlement, les dirigeants du Parti Authenticité et Modernité ont exhorté le gouvernement à intervenir de toute urgence pour contrer la spéculation sur les marchés, protéger le pouvoir d’achat et sévir avec la plus grande fermeté contre les intermédiaires clandestins.

Par Le360
Le 21/06/2026 à 20h03