Procès de Mohamed Moubdii: sa défense conteste la légitimité des poursuites

Mohamed Moubdii, ministre en charge de la Fonction publique.

Mohamed Moubdii, ancien ministre en charge de la Fonction publique et ancien président de la commune de Fkih Ben Saleh. . DR

Revue de presseLors d’une nouvelle audience du procès de l’ancien ministre et ancien président de la commune de Fkih Ben Saleh, Mohamed Moubdii, sa défense a déployé une argumentation construite de façon à ébranler la légitimation même du maintien des poursuites. Ses avocats ont réaffirmé leurs réserves à propos de la légalité de la procédure, les faits reprochés à leur client étant dépourvus de preuves matérielles irréfutables. Cet article est une revue de presse tirée d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 26/04/2026 à 18h11

À l’entame de sa plaidoirie, l’avocat défendant le dossier judiciaire de Mohamed Moubdii a dénoncé un processus légal qui s’apparente à une «consigne préalable». L’homme de loi a soutenu que l’affaire s’inscrivait «dans un cadre plus vaste que la seule gestion des marchés publics», ce qui fait de son client un «prétexte commode» auquel on entend attribuer des responsabilités excédant son périmètre d’action effectif.

Il a également remis en question l’élaboration prématurée des procès-verbaux de réception qui, selon lui, aurait «altéré de manière significative les conclusions retenues par l’accusation», indique Al Ahdath Al Maghribia de ce lundi 27 avril. Ces irrégularités procédurales, a-t-il indiqué, «fragilisent dans leur fondement même la base sur laquelle les poursuites ont été édifiées».

L’avocat a aussi critiqué le rapport d’enquête rédigé par une commission ad hoc, accusant ses membres d’«erreurs graves» et d’un «défaut manifeste de neutralité», et a même sollicité leur audition. Dans sa plaidoirie, il a également affirmé que «des pressions auraient été exercées sur certains techniciens», et que «des conclusions auraient été adoptées sans s’appuyer sur une expertise technique et comptable rigoureuse».

Dans sa plaidoirie, l’avocat a ensuite insisté sur «l’absence d’éléments constitutifs [prouvant] le détournement et la dilapidation de deniers publics, en particulier [un ou des] élément(s) intentionnel(s)». Le dossier à charge ne contient, selon l’homme de loi, «aucune preuve d’une volonté d’appropriation ou d’un intérêt personnel; toutes les sommes dépensées l’auraient été en contrepartie de travaux effectivement réalisés».

Dans sa ligne de défense envers son client, l’avocat de Mohamed Moubdii a aussi insisté sur le fait que celui-ci «n’intervenait pas directement dans la fixation des prix ni dans l’exécution des chantiers, mais s’en remettait aux services techniques compétents et aux bureaux d’études qualifiés». Il a également rappelé que son client n’avait «siégé dans aucune commission technique et n’avait pas signé de procès-verbaux de réception litigieux, ce qui limiterait sa responsabilité directe en cas de dysfonctionnement», relaie Al Ahdath Al Maghribia.

En ce qui concerne les actes de corruption et de trafic d’influence dont est accusé son client, il a souligné qu’il n’y avait aucune «preuve tangible d’une contrepartie financière ou d’un avantage illicite –qu’il s’agisse de l’acquisition d’un véhicule ou d’opérations financières inhabituelles», ce qui renforce la thèse, de son avis, de poursuites judiciaires dépourvues «de fondement pénal solide», selon l’expression qu’il a employée.

Par Hassan Benadad
Le 26/04/2026 à 18h11