Le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) a organisé, vendredi 15 mai, à Rabat, une rencontre nationale consacrée à l’élargissement du réseau des jeunes engagés en faveur de l’abolition de la peine de mort. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une dynamique de plaidoyer portée par l’institution en faveur du renforcement de la culture des droits humains et de l’implication des jeunes dans les débats liés aux libertés fondamentales.
Organisée sous la conduite d’Amina Bouayach, présidente du CNDH, cette rencontre intervient à l’issue d’une série de concertations régionales tenues dans les douze régions du Royaume. Selon le Conseil, ces échanges ont réuni près de 300 jeunes participants, hommes et femmes, autour de débats marqués par «une forte implication, un engagement soutenu et une réelle adhésion» à la cause abolitionniste.
S’exprimant devant la presse, Amina Bouayach a indiqué que 24 jeunes prennent part à cette rencontre nationale, précisant que 4 d’entre eux seront sélectionnés pour représenter le Maroc au prochain Congrès mondial contre la peine de mort, prévu le mois prochain à Paris. Elle a souligné que l’ambition du CNDH dépasse la seule dimension thématique de l’abolition de la peine capitale. «L’objectif est que cet engagement constitue également une forme de participation des jeunes aux affaires publiques et une contribution aux transformations sociétales, à travers la promotion des droits et des libertés», a-t-elle affirmé.
De son côté, Abderrahim Jamai, avocat, ancien bâtonnier de Rabat et figure majeure de la défense des droits de l’Homme, a salué la portée «qualitative» de ce type de débats réunissant des jeunes issus d’horizons culturels et professionnels divers. Pour lui, cette démarche relève d’un véritable processus de sensibilisation citoyenne visant à renforcer le rôle des nouvelles générations dans le plaidoyer pour l’abolition de la peine capitale. «Forger la conviction constitue un levier essentiel dans ce combat», a-t-il estimé, considérant que cette responsabilité incombe désormais davantage aux jeunes générations qu’aux militants historiques ayant porté cette cause durant plusieurs décennies.
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Intervenant lors de cette rencontre, Hala El Bouanani a mis en avant l’importance des ateliers et actions de terrain menés à l’échelle régionale afin d’alimenter le débat public autour de l’abolition de la peine de mort. Elle a également souligné la volonté du CNDH de poursuivre ce type d’initiatives de sensibilisation à travers le Royaume.
Pour rappel, le Maroc est considéré comme abolitionniste de facto. Bien que la peine capitale demeure inscrite dans l’arsenal pénal, aucune exécution n’a été enregistrée depuis 1993, date à laquelle le Royaume a instauré un moratoire de fait sur l’application de cette peine. Les juridictions continuent toutefois de prononcer des condamnations à mort, tandis qu’environ 88 détenus se trouvent actuellement dans le couloir de la mort, selon les données les plus récentes.




