«C’est historique. C’est la première fois que nous avons une femme à la tête du gouvernement. Cette nomination constitue en soi un événement majeur pour notre pays, pour la femme marocaine, ainsi que pour la femme arabe et musulmane», a déclaré Nizar Baraka à l’issue de sa rencontre avec Fatima Ezzahra El Mansouri.
Le secrétaire général du Parti de l’Istiqlal a été reçu ce mercredi à Rabat par la Cheffe du gouvernement désignée, dans le cadre des consultations préliminaires engagées en vue de la formation du prochain exécutif. La délégation istiqlalienne conduite par Nizar Baraka comprenait également Mohamed Ould Errachid, Abdessamad Kayouh et Abdeljabbar Rachdi, membres du comité exécutif du parti.
La rencontre intervient au lendemain de la nomination par le roi Mohammed VI de Fatima Ezzahra El Mansouri, coordinatrice de la direction collégiale du Parti Authenticité et Modernité (PAM), au poste de Cheffe du gouvernement, avec pour mission de former la nouvelle équipe gouvernementale.
À l’issue des législatives du 23 septembre, le PAM est arrivé en tête du scrutin avec 97 sièges sur les 395 que compte la Chambre des représentants. Ne disposant pas de la majorité absolue, fixée à 198 sièges, la formation doit désormais bâtir une coalition gouvernementale.
«C’était l’occasion d’échanger sur ce moment politique que nous considérons crucial, en raison des nombreux défis à relever, notamment la question de la confiance dans l’action politique. Il est impératif d’œuvrer pour instaurer une véritable réconciliation avec l’action politique», a déclaré Nizar Baraka.
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Le secrétaire général de l’Istiqlal a notamment insisté sur la nécessité, pour les formations politiques, d’honorer les engagements pris devant les électeurs. «De nombreux engagements ont été pris par les différents partis politiques pour restaurer la confiance des citoyens. Cette confiance retrouvée passe par le respect de ces engagements et par l’adoption d’une logique de crédibilité, essentielle pour redonner confiance en l’avenir à nos jeunes, à nos femmes et à l’ensemble des citoyennes et citoyens», a-t-il poursuivi.
Si ces déclarations témoignent d’une disposition au dialogue avec la Cheffe du gouvernement désignée, l’Istiqlal n’a toutefois pas encore tranché la question de son éventuelle participation à la future majorité. Nizar Baraka a indiqué que le parti réunira son Conseil national afin d’évaluer les résultats des élections et de se prononcer sur cette éventualité.
Quelle que soit la décision de cette instance, le dirigeant istiqlalien a assuré que son parti entendait accompagner la nouvelle séquence politique. «Nous continuerons à soutenir cette expérience politique, car nous estimons que notre pays a besoin d’une mobilisation générale qui dépasse la logique de rivalité électorale et s’inscrive dans une dynamique de renforcement du front intérieur afin de faire face aux défis géostratégiques, économiques et sociaux que doit relever notre pays, notamment l’emploi, le chômage, la préservation du pouvoir d’achat et l’élargissement de la classe moyenne», a-t-il affirmé.
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La question du Sahara a également figuré parmi les sujets abordés lors des échanges. Nizar Baraka a réaffirmé à cette occasion l’attachement de l’Istiqlal à l’initiative marocaine d’autonomie sous souveraineté nationale. «Le Parti de l’Istiqlal est un parti nationaliste qui ne peut que placer la patrie et le citoyen au-dessus de toute considération», a-t-il souligné.
Ces consultations constituent une étape déterminante dans la recherche d’une majorité parlementaire. Après avoir reçu plus tôt dans la journée une délégation du Rassemblement national des indépendants (RNI), Fatima Ezzahra El Mansouri a poursuivi ses échanges avec l’Istiqlal, troisième formation issue des législatives. Les discussions doivent se poursuivre avec les autres partis représentés à la Chambre des représentants.




