Dans l’édition 2026 de l’Indice mondial de l’innovation, publiée à Genève par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, le Maroc vient de signer la meilleure performance de son histoire en s’emparant de la cinquante-quatrième place mondiale, soit une progression notable de trois rangs par rapport à l’exercice précédent. Cette avancée vient couronner une trajectoire ascendante continue amorcée ces dernières années, illustrée par un bond spectaculaire depuis la soixante-quinzième position occupée en 2020.
«Aujourd’hui solidement ancré dans le paysage des économies innovantes, le pays s’impose au quatrième rang parmi les nations à revenu intermédiaire de la tranche inférieure et se classe désormais à la septième place dans la région englobant l’Afrique du Nord et l’Asie de l’Ouest, confirmant ainsi son rôle de locomotive régionale», rapporte le quotidien Les Inspirations Eco du 30 septembre.
Derrière cette performance se dessine une transformation structurelle profonde de l’économie marocaine. L’analyse minutieuse menée par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle met en lumière la capacité du Royaume à combiner avec succès la montée en gamme de son appareil industriel et la valorisation commerciale de ses actifs incorporels.
Les indicateurs sectoriels témoignent de cette vitalité exceptionnelle: le pays se distingue au niveau mondial par une cinquième place remarquée en matière de dessins et modèles industriels, une huitième position pour l’intensité de ses actifs incorporels, une treizième place pour la croissance de la productivité du travail ainsi qu’un seizième rang très honorable s’agissant des marques.
Les atouts du modèle marocain s’étendent également à d’autres leviers stratégiques de croissance. Le rapport salue la stabilité des politiques publiques dédiées aux affaires, qui propulse le pays au vingt-deuxième rang mondial, tout en soulignant la qualité du capital humain, avec une vingt-troisième position pour le taux de diplômés en sciences et en ingénierie. «Dans le même temps, le Royaume maintient une position de premier plan dans la production manufacturière de haute technologie, se classant vingt-huitième. Pour les experts de l’institution internationale, le Maroc incarne à la perfection une dynamique vertueuse en Afrique du Nord, en parvenant à articuler habilement les activités de haute technologie avec le design et la protection des innovations», souligne Les Inspirations Eco.
L’examen détaillé des sous-composantes de l’indice révèle une efficacité redoutable dans la conversion des moyens engagés en résultats. Alors que le pays se positionne au soixante-seizième rang en matière de ressources et d’investissements mobilisés pour l’innovation, il bondit à la quarante-sixième place en ce qui concerne les résultats concrets de la recherche, de la technologie et de la créativité. Cet écart favorable démontre que le Maroc sait optimiser ses investissements pour générer des retombées tangibles et mesurables.
Cette trajectoire le rapproche des performances observées dans de grandes nations émergentes telles que la Chine, l’Inde, la Turquie ou les Philippines, où la croissance repose sur la connexion étroite entre les savoir-faire nationaux et les marchés internationaux, qu’il s’agisse des chaînes de valeur mondiales, des services numériques ou de l’effervescence des jeunes pousses.
Malgré ces motifs de satisfaction évidents, le rapport invite à regarder vers l’avenir pour franchir de nouveaux paliers et viser les quarante premières places mondiales. Pour consolider ses acquis et s’affranchir des derniers freins structurels, le Maroc est appelé à élargir ses capacités de recherche, à stimuler l’investissement des entreprises en matière de recherche et développement et à intensifier la création de connaissances sur son propre territoire.
Les recommandations de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle convergent ainsi vers la nécessité absolue de renforcer les passerelles entre le monde académique et le tissu productif, d’encourager l’innovation au sein du secteur privé et de faciliter l’accès des entreprises en phase d’expansion aux instruments de financement modernes, à l’image du capital-risque.




