Législative 2026. Les 20 engagements de l’USFP: priorité à la création d’emplois

Driss Lachgar, secrétaire général de l'USFP, à Rabat le 27 août 2026 (Y.Mannan/Le360).

Le 27/08/2026 à 19h13

VidéoL’Union socialiste des forces populaires (USFP) a dévoilé, ce jeudi à Rabat, son programme électoral, articulé autour de 20 engagements portant notamment sur l’emploi, la croissance économique et l’amélioration des conditions de vie. En voici les principales mesures.

L’Union socialiste des forces populaires (USFP) a dévoilé son programme électoral à Rabat, lors d’une rencontre présidée par son premier secrétaire, Driss Lachgar, en présence des membres du bureau politique et de nombreux candidats de la formation aux élections législatives du 23 septembre.

Sur le volet économique, le parti de la Rose affiche des objectifs ambitieux. Son programme table notamment sur la création de 250.000 emplois dans l’industrie et de 500.000 postes au total en tirant parti de la dynamique économique générée par la Coupe du monde 2030. Il ambitionne également d’accroître de 40% les exportations industrielles et de générer au moins 1,5 point de croissance supplémentaire par an.

Sur le marché du travail, l’USFP se fixe pour objectif de ramener progressivement le taux de chômage à 8%, contre environ 13% actuellement, et de porter le taux d’activité des femmes à 30%, contre quelque 19% aujourd’hui.

La formation socialiste entend également faire bénéficier davantage la classe moyenne des fruits de la croissance, avec pour mot d’ordre un Maroc avançant à «une seule vitesse». Dans cette optique, elle préconise de réorienter une partie de l’investissement public vers les territoires accusant les déficits de développement les plus importants, afin de réduire les disparités territoriales.

Le programme prévoit parallèlement un dispositif d’accompagnement financier au profit de quelque 100.000 très petites, petites et moyennes entreprises (TPME), dans le cadre d’une nouvelle politique de soutien à l’investissement.

Sur le plan fiscal, l’USFP propose d’alléger de 10% la pression fiscale sur les revenus salariaux et réaffirme sa volonté de lutter contre l’économie de rente. Son programme prévoit également des réformes structurelles dans les secteurs de la santé, de l’enseignement public et de l’agriculture. «La corruption est une ligne rouge de notre stratégie», affirment les responsables du parti, qui placent également parmi leurs priorités la promotion des droits des femmes, le renforcement de la justice et l’approfondissement démocratique.

Interrogé par Le360, Driss Lachgar a indiqué que son parti avait formulé des «propositions précises» en matière de réformes politiques et institutionnelles afin, explique-t-il, «de préserver l’équilibre institutionnel» du pays.

«Nous avons proposé des mesures économiques, aussi bien dans leur dimension macroéconomique, présentée par notre consœur Khaoula, que dans leur impact sur la société, afin de lutter contre la cherté de la vie et d’instaurer un développement équitable. Cela passe par de multiples initiatives, notamment en matière d’augmentation des salaires, dont nous avons déterminé les taux», a-t-il déclaré.

Le premier secrétaire de l’USFP assure également que son parti a chiffré ses propositions et identifié leurs sources de financement. «Nous avons défini, pour chaque volet, les sources de financement des mesures que nous proposons. Nous ne nous sommes pas contentés de formuler des rêves et des vœux pieux, mais sommes partis de bases scientifiques et réalistes», a-t-il insisté.

Driss Lachgar s’est par ailleurs montré critique à l’égard du modèle de développement suivi au cours des dernières décennies. «Si nous avons réussi sur le plan macroéconomique au cours de ce quart de siècle de gouvernements successifs, je peux affirmer que nous n’avons pas encore réussi à faire évoluer notre projet vers un développement véritablement équitable, tant sur le plan territorial que pour les citoyens», a-t-il estimé.

De son côté, l’analyste politique Ali Ghanbouri considère que ce programme porte l’empreinte idéologique de l’Union socialiste et repose sur un principe central: la justice dans le développement.

«Le développement doit aujourd’hui être équitable. Il doit bénéficier à toutes les régions et à tous les Marocains», affirme-t-il.

Ali Ghanbouri insiste enfin sur la lutte contre la pauvreté et les disparités territoriales. «Nous ne pouvons plus accepter un Maroc où le nombre de pauvres augmente chaque année. Nous ne pouvons pas davantage accepter que huit régions restent en marge de la dynamique de développement que connaît le pays», conclut-il.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 27/08/2026 à 19h13