Guerre des nerfs dans la majorité: le PAM vent debout contre le RNI

Réunion du bureau politique du RNI, à Rabat, le 25 août 2026.

Revue de presseÀ l’approche des élections, le Parti authenticité et modernité (PAM) monte au créneau face à son allié gouvernemental, le Rassemblement national des indépendants (RNI), qui l’accuse de débaucher ses élus. Dénonçant des incriminations infondées et rappelant le propre passé du RNI en matière de transhumance politique, le PAM revendique la liberté de choix partisan et met en lumière les tensions grandissantes sur le terrain. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 27/08/2026 à 18h31

Au fur et à mesure que s’approchent les prochaines échéances électorales, le climat politique au sein de la majorité gouvernementale s’alourdit brusquement, laissant place à une vive querelle entre deux de ses piliers. Par l’intermédiaire de son bureau politique réuni en urgence à distance, le Parti authenticité et modernité (PAM) est monté au créneau pour répliquer fermement aux accusations formulées par la direction du Rassemblement national des indépendants (RNI). Ce dernier reprochait ouvertement au PAM des pratiques d’attraction forcée, d’influences indues et de débauchage ciblant ses élus dans les différentes circonscriptions pour les convaincre de porter les couleurs du parti lors des scrutins à venir, indique le quotidien Al Ahdath Al Maghribia de ce vendredi 28 août.

Le bureau politique du PAM rejette ces incriminations en bloc, qualifiant l’ensemble des accusations de l’allié gouvernemental d’«infondées» et de «nulles et non avenues». Dénonçant une tentative d’altérer la déontologie de l’action politique et les règles d’une compétition démocratique saine, le PAM s’étonne de la virulence de ces griefs.

Pour mettre son interlocuteur face à ses propres paradoxes, le parti a tenu à rafraîchir la mémoire des dirigeants du RNI, relève Al Ahdath Al Maghribia. Lors des élections législatives de 2021, la formation centriste avait elle-même mené une vaste campagne d’attraction de cadres parlementaires. Elle avait alors investi plus de 17 parlementaires issus de cinq partis différents, dont six appartiennent précisément au PAM, sans compter le ralliement de dizaines d’élus territoriaux, communaux et de conseillers régionaux. À l’époque, rappelle le PAM, aucune contestation ni amertume n’avaient été manifestées, le parti ayant toujours considéré les mobilités politiques comme une dynamique naturelle.

Sur le plan éthique et doctrinal, le PAM réaffirme avec force son respect inconditionnel pour la liberté d’adhésion et de choix politique. Le PAM insiste sur le fait que la pratique consistant à rejeter ou à criminaliser l’affiliation d’un citoyen à un parti est moralement et légalement inacceptable. Il rappelle que cette liberté de choix est sacralisée par la Constitution, ainsi que par les pactes et références internationaux.

Cette confrontation officielle entre les états-majors des deux partis s’accompagne d’une montée des tensions sur le terrain, alimentée par des déclarations directes d’acteurs locaux. C’est notamment le cas dans la circonscription de Settat, où l’élu Othmane Tajmouati a publiquement mis en cause la gouvernance du RNI. Affirmant que les canaux de communication au sein du parti se sont totalement interrompus durant ses cinq années à la tête du conseil provincial de Berrechid, il regrette n’avoir été convié à aucune rencontre générale de sa formation.

Selon lui, cette rupture témoigne de l’incapacité de la direction du RNI à préserver ses militants et ses candidats d’hier, imputant ce désamour à un mode de gestion vertical et déconnecté des réalités de la base électorale.

Par La Rédaction
Le 27/08/2026 à 18h31