Autoroute Agadir-Marrakech: le calvaire des usagers face à des travaux interminables et des péages contestés

Le bureau d'accueil d'Autoroutes du Maroc (ADM), dans une aire de repos, sur un tronçon autoroutier.

Revue de presseEntre embouteillages monstres, risques d’accidents accrus et surchauffe des moteurs sur le périlleux tronçon d’Amskroud, les retards répétés sur l’axe autoroutier reliant Agadir à Marrakech exaspèrent les automobilistes. Alors que les conditions de circulation se dégradent et poussent de nombreux usagers vers la route nationale, le maintien de la tarification intégrale des péages suscite une vague d’indignation et des appels à l’exonération des frais. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 27/08/2026 à 18h46

Les travaux de réhabilitation et d’entretien engagés depuis plusieurs mois sur l’axe autoroutier reliant Agadir à Marrakech ont fini par transformer le trajet des usagers en une véritable épreuve du quotidien. Conçue à l’origine pour garantir une liaison rapide, fluide et sécurisée entre le Souss et le centre du Royaume, cette artère vitale s’est progressivement métamorphosée en un vaste chantier à ciel ouvert où la circulation est constamment hachée. Dans les deux sens de circulation, les conducteurs assistent à la réduction des voies et à la multiplication des déviations, provoquant la formation de longues files d’attente et prolongeant considérablement la durée habituelle du voyage, indique Al Akhbar de ce vendredi 28 août.

Cette dégradation des conditions de route suscite un mécontentement grandissant parmi les automobilistes, les professionnels du transport routier de marchandises et les chauffeurs d’autocars, qui dénoncent la stagnation du trafic et la pénibilité de ces parcours au ralenti. La situation s’avère particulièrement critique sur les portions caractérisées par un relief exigeant, notamment au niveau du tronçon reliant l’échangeur d’Argana à celui d’Amskroud. Sur ces zones de forte déclivité, le poids des véhicules lourds chargés de denrées alimentaires, de fruits et de légumes ralentit drastiquement la cadence, réduisant parfois la vitesse de pointe des camions à moins de vingt kilomètres par heure. Cette lenteur forcée bloque l’ensemble du flux automobile, contraignant les voitures légères à naviguer à très basse allure derrière des files de poids lourds, lit-on dans Al Akhbar.

Cette marche au ralenti imposée aux moteurs, combinée à l’effort demandé lors des montées prolongées, provoque de fréquentes surchauffes mécaniques. Il n’est plus rare de voir des véhicules particuliers immobilisés sur la bande d’arrêt d’urgence, capot ouvert, attendant le refroidissement complet du bloc moteur avant de pouvoir reprendre leur route.

Au-delà de la gêne opérationnelle et des retards accumulés, c’est la dimension sécuritaire et économique qui cristallise la colère des usagers. Le secteur d’Amskroud, sinistrement réputé pour sa descente longue de quatorze kilomètres, demeure l’un des points les plus périlleux du réseau national. Les ralentissements fréquents, ajoutés à la contrainte permanente exercée sur les systèmes de freinage des véhicules lourds lors des descentes, augmentent considérablement le risque d’avaries mécaniques majeures et d’accidents graves.

Face à ces conditions dégradées qui s’éternisent, de nombreux voyageurs font le choix de quitter l’autoroute pour retrouver l’ancienne route nationale, estimant que la promesse de vitesse et de confort n’est plus tenue. Cette désaffection s’accompagne de critiques vives à l’égard de la Société Nationale des Autoroutes du Maroc, à laquelle il est reproché de maintenir la tarification intégrale des péages malgré des prestations très en deçà des standards habituels, alimentant des appels de plus en plus pressants à la gratuité ou à une révision tarifaire des tronçons impactés.

Par La Rédaction
Le 27/08/2026 à 18h46