Clôture de la session d’avril du Parlement sur fond de défense de la démocratie et de la cause nationale

Lors de la session de clôture de la cinquième année législative de la 11e législature du Parlement marocain. (Y.Mannan/Le360)

Le 13/07/2026 à 19h40

VidéoLe Parlement, avec ses deux Chambres, celle des représentants et celle des conseillers, a clôturé, lundi, sa session d’avril, dernière étape de la cinquième année législative de la 11e législature avant les élections législatives prévues le mercredi 23 septembre 2026. Les présidents des deux Chambres ont mis en avant un bilan législatif jugé positif, tandis que l’opposition a dressé un constat beaucoup plus critique.

Les présidents des deux Chambres, respectivement Rachid Talbi Alami et Mohamed Ould Errachid, ont mis en exergue le bilan législatif «positif» de leur institution au cours de ce mandat. À noter que le renouvellement de la Chambre des conseillers, dont les membres sont en grande partie issus des régions et des chambres professionnelles, n’aura lieu qu’en 2027.

Lors de la séance de clôture de la Chambre des représentants, son président a adressé un message au roi Mohammed VI, se félicitant du bilan des cinq années du mandat. Celui-ci, a-t-il affirmé dans son allocution de clôture, a été marqué notamment par l’adoption de cinq rapports d’évaluation, outre les rapports thématiques et leurs conclusions.

Selon Rachid Talbi Alami, la production législative a été riche, avec la validation d’un arsenal juridique étoffé, comprenant également des propositions de loi présentées par des députés. L’ensemble de ce travail, a-t-il souligné, s’est inspiré de la vision royale, notamment autour de la cause nationale et de l’intégrité territoriale.

Le président de la Chambre des représentants a salué, au passage, la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU sur l’initiative marocaine d’autonomie, y voyant un changement majeur en faveur de la première cause nationale.

Rachid Talbi Alami a également souligné le rôle efficace de la diplomatie parlementaire exercée par le Parlement durant ce mandat. «La diplomatie parallèle a été riche et fructueuse», a-t-il affirmé en substance.

À propos de l’action parlementaire, Rachid Talbi Alami a noté avec satisfaction que le Parlement marocain figure parmi les rares institutions parlementaires ayant publié un grand nombre de documents étayés sur ses moyens d’action et ses bilans. Les actions du Parlement se sont également appuyées sur l’exploitation des nouvelles technologies, a-t-il dit, avant de conclure sur l’ouverture envers le citoyen et la société civile, en vue de consolider la démocratie et de défendre les intérêts de la Nation.

Interrogé par Le360, un député de l’Union socialiste des forces populaires (USFP, opposition) a, pour sa part, critiqué le bilan parlementaire et gouvernemental des cinq dernières années. «Ce gouvernement a pourtant bénéficié de tous les moyens matériels nécessaires pour travailler, mais malheureusement, ces ressources n’ont pas permis de répondre aux attentes, surtout lorsqu’on constate la situation stagnante dans laquelle se trouvent encore l’enseignement, l’emploi ou encore le logement», a affirmé le député socialiste.

Ce discours de l’USFP, a-t-il ajouté, «nous le tenions déjà il y a cinq ans. On nous accusait alors d’être nihilistes». Pour lui, le résultat législatif demeure également médiocre.

Quant à Ahmed Touizi, chef du groupe du Parti Authenticité et Modernité (PAM), il a estimé que le bilan de la Chambre des représentants est positif, puisqu’un «volume impressionnant de textes de loi» a été adopté. «Pour ce qui est des propositions de loi, nous nous situons dans la moyenne internationale avec 5 à 6% de l’ensemble des projets de loi», a-t-il déclaré.

«Par rapport aux mandats précédents, celui-ci se distingue par un volume extrêmement élevé», a-t-il ajouté.

Entre satisfaction affichée par les présidents des deux Chambres, défense de la diplomatie parlementaire et critiques de l’opposition sur le bilan gouvernemental, la clôture de cette session d’avril a pris des allures de pré-campagne. À quelques mois des législatives, le Parlement referme une séquence institutionnelle dense, marquée à la fois par la cause nationale, la production législative et les premières lignes de fracture du débat électoral à venir.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 13/07/2026 à 19h40