Interrogée sur l’éventualité d’une coalition avec le Parti de la justice et du développement (PJD), Fatima Zahra El Mansouri a estimé qu’il était encore prématuré d’évoquer les futures alliances, le chef du gouvernement n’ayant pas encore été nommé par le Roi, conformément à l’article 47 de la Constitution.
«Attendons la réunion du bureau politique et la nomination d’une cheffe ou d’un chef de gouvernement, une responsabilité à laquelle peuvent aspirer les dirigeants du parti», a déclaré la coordinatrice de la direction collégiale du PAM.
Cette déclaration intervient alors qu’Abdelilah Benkirane a fermé la porte, ce jeudi, à toute participation du PJD à un gouvernement conduit par le PAM. Le secrétaire général du parti islamiste a indiqué que la question devrait être soumise au Conseil national de sa formation. De son côté, Fatima Zahra El Mansouri s’est gardée de poser des lignes rouges. «Nous n’écarterons personne des discussions sur les alliances et nous respectons tous les partis politiques», a-t-elle affirmé. Une position d’ouverture également exprimée lors de la conférence de presse, la dirigeante du PAM ayant assuré que sa formation était disposée à dialoguer avec l’ensemble des partis.
Fatima Zahra El Mansouri était entourée, lors de cette rencontre avec la presse, de Mehdi Bensaïd ainsi que de Fatima Saadi, les deux autres membres de la direction collégiale du PAM.
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La responsable est également revenue sur le rôle de Fouzi Lekjaa pendant la campagne électorale, lui rendant hommage et le qualifiant de «valeur ajoutée» pour le parti. «Il est respecté parce qu’il réussit chaque dossier qu’on lui confie», a-t-elle souligné. Elle a par ailleurs réaffirmé sa disponibilité à assumer la fonction de cheffe du gouvernement si le Roi venait à la nommer, le PAM étant arrivé en tête du scrutin avec 97 sièges.
Abordant la crise migratoire à Sebta et les relations avec l’Espagne, Fatima Zahra El Mansouri a rappelé le caractère «historique et nécessaire» des liens entre les deux pays. «Je sais que les relations entre les deux pays connaissent parfois des hauts et des bas, mais le voisinage nous impose des relations de haut niveau, aussi bien sur les plans économique et commercial que diplomatique», a-t-elle déclaré.
La dirigeante du PAM a exprimé son optimisme quant à l’avenir des relations bilatérales, tout en réaffirmant la position du Maroc concernant ses ressortissants mineurs présents à Sebta. «Nous allons trouver des solutions, mais nous ne renoncerons pas à nos positions concernant les droits humains de nos mineurs, car ils sont sous notre responsabilité», a-t-elle affirmé.
Sur les 395 sièges que compte la Chambre des représentants, le PAM en a remporté 97. Il devance le Rassemblement national des indépendants (RNI), avec 66 sièges, le Parti de l’Istiqlal (65), le Parti de la justice et du développement (PJD, 54), le Mouvement populaire (MP, 29), l’Union socialiste des forces populaires (USFP, 26) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS, 19). Le taux de participation s’est, quant à lui, établi à 38,08% à l’échelle nationale, soit près de 6 millions de votants.



