Les Houthis, soutenus par l’Iran, et la coalition militaire conduite par l’Arabie saoudite, qui appuie les forces gouvernementales yéménites, échangent presque quotidiennement des frappes depuis la reprise en juillet du conflit au Yémen. L’escalade a pris ces dernières semaines une ampleur inédite depuis le début, en 2014, de la guerre opposant les rebelles houthis au gouvernement reconnu par la communauté internationale.
Riyad est devenue l’une des principales cibles de cette campagne. Son aéroport international a été visé à plusieurs reprises, notamment le 10 octobre, lorsqu’une frappe contre un terminal de passagers a fait 13 morts et plus de 300 blessés. Cette attaque, la plus meurtrière sur le sol saoudien depuis plus d’une décennie, avait conduit les autorités à suspendre les opérations sur le site.
Samedi, l’aéroport a annoncé la reprise de ses activités à compter de dimanche, avec l’affectation du terminal 1 aux vols domestiques et du terminal 2 aux liaisons internationales opérées par les compagnies nationales. Un avion de Saudia a décollé dimanche matin en direction de Djeddah, selon les données du site de suivi du trafic aérien FlightRadar24.
Cette reprise reste toutefois très encadrée et intervient sous une menace persistante. La veille encore, le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, avait affirmé que son mouvement avait de nouveau visé l’aéroport, sans réaction immédiate de Riyad.
Dimanche, il a renouvelé sa mise en garde au secteur aérien «contre l’utilisation de l’aéroport King Khalid de Riyad, étant donné qu’il n’est pas sûr et sert de cible militaire à nos forces».
«Le régime saoudien devra assumer les conséquences de toute activité à l’aéroport, ainsi que de toute répercussion en résultant», a-t-il ajouté, promettant la poursuite des opérations contre le site.
Menace aérienne
Dimanche matin, trois explosions ont été entendues dans la capitale, selon un journaliste de l’AFP. Peu auparavant, les habitants avaient reçu sur leurs téléphones des messages les mettant en garde contre «une menace aérienne» et les appelant à se mettre à l’abri.
La coalition militaire qui combat les Houthis au Yémen a annoncé avoir intercepté un missile balistique tiré en direction de Riyad. Elle avait déjà indiqué samedi avoir détruit trois missiles balistiques visant la capitale, Taïf et Yanbu, important terminal pétrolier de la mer Rouge, ainsi qu’un drone dirigé vers une province de l’est du royaume.
De leur côté, les Houthis avaient revendiqué samedi de nouvelles frappes en territoire saoudien. La chaîne Al-Masirah, qui leur est affiliée, a accusé l’Arabie saoudite d’avoir mené plusieurs bombardements au Yémen, notamment contre Sanaa, capitale contrôlée par le mouvement, faisant selon elle 17 morts. Riyad n’a pas commenté ce bilan.
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L’affrontement dépasse désormais largement le seul champ de bataille yéménite. Les infrastructures aéroportuaires, énergétiques et militaires saoudiennes sont devenues des cibles régulières, tandis que la coalition intensifie ses frappes contre les positions houthies et soutient les forces gouvernementales dans leur contre-offensive.
Après une trêve de quatre ans, la guerre au Yémen, déclenchée en 2014 avec la prise de Sanaa par les Houthis, a repris en juillet. Cette nouvelle phase du conflit s’inscrit elle-même dans la guerre régionale ouverte fin février par les frappes israélo-américaines contre l’Iran.
La réouverture progressive de l’aéroport de Riyad constitue donc autant un enjeu de sécurité qu’un signal politique. Pour les autorités saoudiennes, il s’agit de montrer que les attaques ne parviennent pas à paralyser durablement la capitale. Pour les Houthis, au contraire, maintenir la pression sur le trafic aérien permet d’afficher leur capacité à frapper au cœur du royaume malgré la puissance militaire de la coalition.




