Gouvernement El Mansouri: la Chambre des représentants lui accorde sa confiance après des débats houleux

La cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, devant le Parlement, lundi 19 octobre 2026.

La Cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri.

Revue de presseLa Chambre des représentants a accordé sa confiance au nouveau gouvernement dirigé par Fatima Ezzahra El Mansouri, première femme à accéder à la tête de l’exécutif au Maroc. Cette approbation à la majorité absolue intervient au terme d’échanges tendus avec l’opposition sur le programme gouvernemental, la moralisation de la vie publique et les réformes socio-économiques à venir. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 23/10/2026 à 21h10

La Chambre des représentants a accordé sa confiance au nouveau gouvernement dirigé par Fatima Ezzahra El Mansouri, à l’issue d’une séance publique marquée par l’approbation du programme gouvernemental à la majorité absolue. Ce vote scelle l’investiture constitutionnelle de l’exécutif, conformément aux dispositions de l’article 88 de la Constitution. «La confiance a été accordée par 204 députés appartenant aux formations de la majorité, contre 127 voix de l’opposition. Fatima Ezzahra El Mansouri entre ainsi dans l’histoire en devenant la première femme à occuper la fonction de cheffe du gouvernement au Maroc», indique le quotidien Al Akhbar dans son édition du week-end des 24 et 25 octobre.

Les débats qui ont précédé le vote ont donné lieu à des échanges particulièrement tendus entre la cheffe du gouvernement et les groupes d’opposition, notamment ceux du Parti de la justice et du développement et du Mouvement populaire. Face aux accusations virulentes, Fatima Ezzahra El Mansouri a exprimé sa fierté personnelle tout en regrettant la tournure des discussions. Elle a plaidé pour un débat politique de haut niveau, centré sur les visions d’avenir plutôt que sur les attaques partisanes. Elle a rappelé son respect pour l’ensemble des forces politiques, tout en rejetant fermement les soupçons mettant en cause l’intégrité du processus électoral.

En réponse aux critiques concernant les irrégularités électorales dans certaines régions, Fatima Ezzahra El Mansouri a insisté sur le fait que les scrutins avaient été préparés dans le cadre d’un dialogue ouvert avec toutes les forces politiques. Elle a souligné que les anomalies constatées restaient des cas isolés, liés à des agissements individuels et non à une ligne partisane structurée, tout en rappelant que la justice demeurait la seule instance habilitée à trancher. «Concernant les accusations relatives à l’utilisation, durant les campagnes électorales, de fonds issus de la corruption ou du trafic de drogue, elle a vivement répliqué en imputant ces dérives aux comportements individuels et aux orientations idéologiques des opposants», souligne Al Akhbar.

S’agissant de la formation de la coalition au pouvoir, la cheffe de l’exécutif a défendu une alliance fondée sur la convergence des programmes électoraux des partis composant la majorité. Elle a affirmé que l’élaboration du programme gouvernemental avait nécessité un travail rigoureux et participatif, au-delà de la simple arithmétique parlementaire. Elle s’est également engagée à maintenir un dialogue institutionnel fluide avec l’opposition, estimant que les divergences entre les projets de société ne devaient pas entraver la poursuite du débat démocratique.

De leur côté, les groupes parlementaires de l’opposition ont émis de vives réserves sur le contenu de la feuille de route gouvernementale, dénonçant un manque de vision réformatrice globale et l’absence d’indicateurs chiffrés précis. Ils ont estimé que le programme ne répondait pas aux grands enjeux économiques et sociaux, déplorant un recul sur des chantiers cruciaux tels que la moralisation de la vie publique et la lutte contre la corruption. Plusieurs intervenants ont également dénoncé l’absence de mesures concrètes pour préserver le pouvoir d’achat des citoyens face à la hausse des prix et remédier à la précarité des zones rurales.

Malgré ces divergences, la cheffe du gouvernement s’est engagée à respecter les échéances fixées pour la concrétisation des engagements pris et à assurer la continuité des réformes stratégiques. L’exécutif entend ainsi mettre en œuvre les orientations de son programme au cours de la législature de cinq ans. La séance s’est achevée sur la confirmation de cette nouvelle étape institutionnelle, plaçant le gouvernement devant ses responsabilités au regard des attentes économiques et sociales de la population.

Par La Rédaction
Le 23/10/2026 à 21h10