Au moins 14 000 personnes supplémentaires ont été frappées d’une interdiction d’émettre des chèques au cours de l’année écoulée, portant le total à 691 000. Parmi elles, 82,4% sont des personnes physiques. Le montant global des chèques sans provision atteint près de 16,6 milliards de dirhams. «Face à cette situation, Bank Al-Maghrib indique avoir reçu plus de 8 509 réclamations par l’intermédiaire de son dispositif d’écoute, dont 63% ont été prises en charge directement par les établissements bancaires. Les interventions ont notamment permis la levée de l’interdiction d’émettre des chèques pour 179 personnes et le traitement de 8 143 demandes d’information», rapporte le quotidien Assabah dans son édition du week-end des 24 et 25 octobre.
En vertu du cadre juridique actuel, l’absence ou l’insuffisance de provision lors de l’émission d’un chèque constitue une infraction sévèrement sanctionnée par la loi. Celle-ci prévoit une interdiction bancaire d’émettre des chèques pour une durée pouvant atteindre dix ans, sauf régularisation de la situation avant ce terme. Cette infraction expose également son auteur à des poursuites judiciaires, à des peines d’emprisonnement et à des amendes administratives ou pénales.
Le nombre d’incidents de paiement enregistrés en 2025 s’est établi à 462 000, en baisse de 5,1% par rapport à l’année précédente. Toutefois, le montant global correspondant a augmenté de 2,8% sur la même période.
Bank Al-Maghrib indique par ailleurs que le nombre d’incidents de paiement non régularisés durant l’année écoulée s’est élevé à environ 3,5 millions, dont les trois quarts concernent des particuliers. Dans 82% des cas recensés, les montants en jeu restent modérés, compris entre 1 000 et 50 000 dirhams. «En revanche, les chèques d’un montant supérieur à 100 000 dirhams, qui ne représentent que 6,2% des incidents recensés, concentrent à eux seuls 56% du montant global des impayés», souligne Assabah.
Le nombre de régularisations a fortement reculé de 45,6%, pour s’établir à 104 000 à la fin de l’année écoulée, contre 192 000 en 2024. Cette baisse s’accompagne d’une diminution importante des montants régularisés, qui sont passés de 5,4 milliards à 2,4 milliards de dirhams. Ces données traduisent la complexité des dynamiques financières liées à l’utilisation du chèque comme moyen de paiement au Maroc.




