Une société de recouvrement de créances a provoqué de fortes tensions entre une société de crédit à Casablanca et ses clients après avoir saisi leurs voitures pour des retards de paiement des mensualités. Les intéressés jugent cette opération illégale, estimant qu’elle a porté atteinte à la confidentialité de leurs données personnelles et d’informations qui auraient dû rester entre les deux parties contractantes.
«La société de crédit a certes engagé une nouvelle restructuration pour corriger sa trajectoire, retrouver son équilibre et consolider sa position sur le marché, en procédant à des changements au sein de sa direction», rapporte Assabah dans son édition du week-end des 24 et 25 octobre. Mais cette restructuration intervient après une vive colère des clients, qui dénoncent ce qu’ils considèrent comme un traitement distant et une absence de prise en compte des difficultés et des crises financières qu’ils traversent. Ils se plaignent également de ne pas pouvoir obtenir les tableaux d’amortissement de leurs crédits ni les documents de mainlevée, et de subir des hausses injustifiées des intérêts et des frais.
La société de crédit a confié à l’agence de recouvrement la saisie des voitures, une décision qui a suscité plusieurs réserves. En effet, les cadres de cette agence reproduisent, lors des saisies, les agissements et les procédés pour lesquels ils ont déjà été poursuivis en justice et condamnés à des peines de prison.
La société de recouvrement a changé de dénomination afin de faire croire à la société de crédit qu’elle n’avait aucun lien avec l’entité visée par les poursuites judiciaires. Le dossier de cette dernière est toujours examiné par la cour d’appel de Rabat, tandis que ses dirigeants continuent de faire la navette entre les tribunaux et les banques, alors même que cette situation est contraire à la loi.
La colère des clients est d’autant plus vive que les établissements bancaires transmettent aux dirigeants de la nouvelle société leurs données personnelles et des informations confidentielles les concernant. «Ces données permettent de repérer et de saisir leurs voitures dans les villes où ils résident», écrit Assabah.
Les personnes lésées appellent les sociétés de crédit à préserver les intérêts de leurs clients, à écouter leurs doléances et à apporter des solutions de fond à effet immédiat. Elles réclament également la mise à l’écart de tout intervenant suspect susceptible de nuire aux clients, ainsi que l’accès à l’ensemble des informations les concernant, de la première demande de crédit à la clôture du dossier.




