Les engagements par anticipation de la Défense nationale atteignent un nouveau niveau. L’article 36 du projet de loi de finances 2027 autorise le ministre délégué auprès de la cheffe du gouvernement chargé de l’Administration de la défense nationale à s’engager à hauteur de 190,5 milliards de dirhams. Ces sommes seront prélevées sur les crédits de 2028 du compte «Acquisition et réparation des matériels des FAR et soutien au développement de l’industrie de défense». La loi de finances 2026 actait 157 milliards. La hausse atteint 33,5 milliards de dirhams, soit 21%.
Ce montant correspond, comme précédemment expliqué par Abdelhamid Harifi, analyste militaire et administrateur du forum FAR-Maroc, à des autorisations d’engagement pluriannuelles, un mécanisme budgétaire courant dans les domaines sensibles comme la Défense.
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Cette ligne n’équivaut pas à une dépense effective. Elle permet à l’Administration de la défense nationale de contracter à l’avance des engagements pour des programmes d’armement, de coopération industrielle ou de modernisation de l’appareil militaire, sur plusieurs années. Il s’agit d’une capacité d’action, et non d’une sortie de trésorerie immédiate.
Le Maroc se donne ainsi une marge de manœuvre pour conclure des contrats stratégiques tout en maîtrisant son endettement. Le mécanisme évite des pics de dépenses non soutenables et étale la charge dans le temps. Il répond aux cycles d’acquisition militaires, longs, complexes et souvent liés à des partenariats industriels internationaux.
Parallèlement, le budget de fonctionnement évolue plus doucement. Les dépenses de personnel s’élèvent à 49,34 milliards de dirhams, contre 47 milliards en 2026, soit 5% de plus. Le texte crée par ailleurs 5.500 postes budgétaires pour l’Administration de la défense nationale. Les dépenses de matériel et dépenses diverses, qui couvrent l’entretien, la logistique et le soutien aux troupes, atteignent 8,37 milliards de dirhams.
L’investissement porté à 15,2 milliards de dirhams
Côté investissement, le budget général prévoit 7,2 milliards de dirhams de crédits de paiement en 2027. Il y ajoute 8 milliards de dirhams de crédits d’engagement pour 2028 et les années suivantes. L’enveloppe d’investissement ressort ainsi à 15,2 milliards de dirhams.
Le compte d’affectation spéciale, qui finance les acquisitions, les réparations lourdes et le développement de l’industrie de défense, est doté de 11,49 milliards de dirhams. Il s’établissait à 11,5 milliards en 2026 et à 10,8 milliards en 2025. Le montant se stabilise donc après la hausse de l’an dernier.
Les autres lignes varient peu. Le fonds de participation des FAR aux missions de paix, aux actions humanitaires et à la coopération internationale conserve ses 200 millions de dirhams. Le fonds d’appui à la Gendarmerie royale reçoit 50 millions de dirhams. Les services de l’État gérés de manière autonome rattachés à la Défense, parmi lesquels les hôpitaux militaires, affichent 533,5 millions de dirhams de dépenses d’exploitation.




