L’industrie manufacturière marocaine a enregistré un net ralentissement au deuxième trimestre 2026. L’indice de production des industries manufacturières, hors raffinage de pétrole, a reculé de 4,5% par rapport à la même période de 2025, selon les dernières données du Haut-Commissariat au Plan (HCP) publiées le 16 septembre.
Cette baisse intervient alors que l’industrie est appelée à jouer un rôle plus important dans la croissance économique, après une année largement soutenue par le redressement agricole. Derrière le chiffre global se dessine une réalité plus contrastée: plusieurs filières fortement intégrées aux chaînes d’exportation continuent de progresser, tandis que la chimie, l’électronique et certaines industries traditionnelles connaissent un net recul.
Le principal facteur du recul provient des industries chimiques, dont la production a chuté de 29,5% sur un an. Cette branche représente une composante importante de l’industrie nationale, notamment grâce aux activités liées aux intrants industriels et aux produits dérivés des phosphates.
Cette contraction suffit à elle seule à tirer l’ensemble de l’indice vers le bas, malgré les performances positives enregistrées dans plusieurs autres secteurs.
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Le ralentissement touche également des branches plus exposées à la demande extérieure ou aux ajustements des commandes industrielles. La fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques recule de 19,5%, tandis que l’imprimerie baisse de 12,3%.
Le secteur de l’habillement enregistre également une diminution de 10%, illustrant les difficultés persistantes de certaines activités intensives en main-d’œuvre confrontées à une concurrence internationale accrue.
La fabrication de meubles recule enfin de 5%, signe d’un ralentissement plus large de certaines industries de consommation.
L’automobile confirme son statut de locomotive
Le contraste apparaît particulièrement marqué avec les secteurs qui poursuivent leur expansion.
L’industrie automobile progresse de 6%, prolongeant la dynamique observée ces dernières années autour des plateformes de production installées à Tanger et Kénitra. Cette progression intervient alors que le secteur demeure le premier exportateur du Royaume, soutenu par la montée en puissance des équipementiers et des véhicules à plus forte valeur ajoutée.
La pharmacie poursuit également sa progression avec une hausse de 4,8%, confirmant la solidité d’une filière renforcée depuis les investissements engagés pour développer les capacités nationales de production de médicaments.
Métallurgie et textile tirent leur épingle du jeu
Plusieurs branches industrielles affichent des performances nettement supérieures à la moyenne.
La métallurgie progresse de 11,6%, tandis que la fabrication de produits métalliques bondit de 14,1%. Ces évolutions traduisent un maintien de la demande provenant notamment des activités industrielles et des grands chantiers d’infrastructure.
Le textile, distinct de l’habillement dans la nomenclature du HCP, enregistre une hausse de 8,9%. Cette divergence illustre la différence entre les activités de production de tissus et celles davantage orientées vers la confection finale.
L’indice de production des industries extractives chute de 28,8% au deuxième trimestre. Cette évolution provient essentiellement de la baisse de 29,6% des «autres industries extractives», selon le HCP.
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À l’inverse, le secteur de l’électricité enregistre une progression de 6,5%, témoignant d’une demande énergétique plus soutenue malgré le repli de certaines activités industrielles.
Les résultats du deuxième trimestre mettent en évidence une recomposition progressive du tissu industriel marocain.
Les branches historiques, davantage sensibles aux fluctuations des prix des intrants ou aux cycles internationaux, enregistrent les plus fortes corrections. À l’inverse, les filières ayant bénéficié d’investissements industriels importants au cours de la dernière décennie – automobile, pharmacie ou métallurgie – continuent d’afficher une capacité de croissance.
Cette évolution confirme également la montée en puissance des activités à plus forte intensité technologique ou intégrées aux chaînes de valeur internationales.




