Hydrocarbures: Murphy Oil intègre le Maroc à la nouvelle dynamique offshore de l’Atlantique africain

Avec un potentiel estimé à 200 gigawatts, la centrale sera l'une des premières sources d'énergie verte du pays.

Le groupe américain Murphy Oil a intégré le Maroc parmi les zones suivies dans ses flux d’exploration extracôtière au premier trimestre 2026. Ce positionnement intervient dans un contexte de regain des investissements offshore en Afrique atlantique, alors que le Royaume cherche à réduire sa dépendance énergétique et à renforcer l’attractivité de ses bassins maritimes.

Le 12/05/2026 à 11h35

Le Maroc accélère la valorisation de son potentiel offshore, selon Murphy Oil qui a cité le Royaume parmi les bassins exploratoires suivis dans ses activités amont au premier trimestre 2026, confirmant le maintien de l’intérêt des groupes pétroliers internationaux pour les façades atlantiques marocaines. Le royaume apparaît désormais dans les flux stratégiques du groupe américain aux côtés de plusieurs zones offshore considérées comme prioritaires pour le renouvellement des réserves.

Ce repositionnement intervient alors que l’exploration extracôtière connaît une nouvelle phase d’expansion à l’échelle mondiale. Les majors pétrolières et les opérateurs indépendants cherchent à sécuriser de nouveaux gisements dans des régions encore faiblement exploitées, particulièrement en Afrique atlantique où plusieurs découvertes majeures ont modifié les arbitrages énergétiques mondiaux ces dernières années.

Les autorités du Royaume multiplient parallèlement les initiatives pour renforcer l’attractivité du domaine offshore national. L’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) a poursuivi en 2025 et début 2026 l’extension des campagnes d’acquisition sismique et le développement des partenariats avec des opérateurs étrangers spécialisés dans l’exploration en eaux profondes.

Le rapport annuel de l’ONHYM indique que le Maroc disposait de plus de 900.000 km² de bassins sédimentaires, dont une large part en offshore atlantique. Les travaux engagés ces dernières années portent principalement sur les bassins de Tanger-Larache, Agadir, Tarfaya et Dakhla, considérés comme les zones présentant les potentiels géologiques les plus surveillés par les opérateurs internationaux.

Cette dynamique s’inscrit dans un objectif plus large de sécurisation énergétique. Selon le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, le Maroc demeure dépendant à plus de 90% des importations énergétiques pour couvrir ses besoins nationaux. La hausse des cours mondiaux des hydrocarbures depuis les tensions géopolitiques internationales a renforcé la pression sur la facture énergétique du royaume.

La recherche de ressources gazières nationales prend une importance particulière dans la stratégie énergétique. Le Royaume cherche à développer progressivement l’usage du gaz naturel pour alimenter l’industrie, les centrales électriques et certains écosystèmes industriels exportateurs.

L’Office des Changes a rappelé en février que la facture énergétique a reculé de 5,5% en 2025, à 107,56 milliards de DH et demeure l’un des principaux postes des importations marocaines malgré le reflux partiel des prix internationaux observé en 2025.

Les projets offshore prennent ainsi une dimension économique dépassant le seul secteur pétrolier. Une éventuelle production nationale de gaz pourrait contribuer à réduire les sorties de devises, améliorer la compétitivité industrielle et soutenir plusieurs filières énergivores, notamment les engrais, la métallurgie ou les matériaux de construction.

L’Afrique atlantique attire une nouvelle vague d’investissements

L’intérêt affiché par Murphy Oil pour le Maroc intervient également dans un environnement régional marqué par une accélération des découvertes offshore sur la façade atlantique africaine. Le Sénégal, la Mauritanie et surtout la Namibie ont enregistré ces dernières années plusieurs découvertes majeures ayant attiré une nouvelle vague de capitaux internationaux.

Le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim, développé entre le Sénégal et la Mauritanie, a notamment renforcé l’intérêt des investisseurs pour les bassins atlantiques africains. Les grandes compagnies pétrolières considèrent désormais la façade ouest-africaine comme l’une des nouvelles zones de croissance de l’industrie offshore mondiale.

Le Maroc tente ainsi de consolider son positionnement dans cette nouvelle cartographie énergétique africaine. Sa proximité avec l’Europe, la stabilité relative de son environnement réglementaire et l’existence d’infrastructures portuaires développées constituent des arguments suivis de près par les groupes internationaux.

Cependant, l’intégration du Maroc dans les flux exploratoires de Murphy Oil ne garantit pas l’existence de découvertes commercialement exploitables à court terme. L’exploration offshore profonde demeure une activité à risque élevé nécessitant des investissements importants et des délais longs avant toute mise en production.

Les campagnes sismiques, les forages exploratoires et les études géologiques peuvent s’étendre sur plusieurs années avant la validation d’un potentiel économiquement viable. Plusieurs permis attribués au Maroc restent encore à des phases préliminaires d’évaluation technique.

Cette réalité explique la prudence des opérateurs internationaux, qui privilégient souvent des approches progressives avant d’engager des investissements industriels massifs. Les groupes pétroliers cherchent désormais à limiter leur exposition financière en concentrant leurs dépenses sur les zones présentant les meilleures probabilités de découvertes.

Par Mouhamet Ndiongue
Le 12/05/2026 à 11h35