Gazoduc Africain Atlantique: le Maroc accélère la structuration d’un corridor stratégique

Un gazoduc offshore. Photographie d'illustration.

Un gazoduc offshore. Le Gazoduc Africain Atlantique Nigeria-Maroc (AAGP) permettra de relier les ressources gazières de l’Afrique de l’Ouest au Maroc, puis à l’Europe. . DR

Revue de presseLe Maroc accélère la mise en œuvre du Gazoduc Africain Atlantique Nigeria-Maroc (AAGP), un corridor énergétique stratégique reliant l’Afrique de l’Ouest à l’Europe. En ce mois de mai 2026, Rabat finalise les études techniques, structure la gouvernance du projet et renforce ses alliances diplomatiques, avec pour objectif une décision d’investissement financier d’ici la fin de l’année. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Économiste.

Le 10/05/2026 à 19h04

En ce mois de mai 2026, le Maroc franchit une nouvelle étape dans la mise en œuvre du projet du Gazoduc Africain Atlantique Nigeria-Maroc (AAGP). Après les études techniques, la phase de structuration institutionnelle et financière s’accélère, avec pour objectif une décision d’investissement financier d’ici la fin de l’année, indique le quotidien L’Économiste de ce lundi 11 mai. Ce corridor énergétique, reliant les ressources gazières de l’Afrique de l’Ouest au Maroc puis à l’Europe, vise à renforcer la sécurité énergétique euro-africaine, favoriser l’intégration régionale, l’accès à l’énergie et l’industrialisation du continent.

Le projet, qui pourrait devenir opérationnel à l’horizon 2031, s’appuie sur une dynamique diplomatique et technique sans précédent. Entre mai et octobre 2025, les études de faisabilité et de Front End Engineering Design (FEED) ont été finalisées. Les termes de l’Accord intergouvernemental (IGA), encadrant la gouvernance du gazoduc entre les États de la Cedeao, ont été adoptés et sont en voie de signature par les chefs d’État concernés. Parallèlement, la création d’une Société de Projet, chargée du montage financier et du pilotage opérationnel, est en cours.

Du 5 au 8 mai 2026, une délégation marocaine menée par Amina Benkhadra, directrice générale de l’ONHYM, a mené une série de rencontres de haut niveau à Washington, écrit L’Économiste. Les échanges ont porté sur l’état d’avancement du projet devant des institutions clés: le Département américain de l’énergie, le Département d’État, le National Security Council de la Maison Blanche, le Groupe de la Banque mondiale, la U.S. International Development Finance Corporation, le Center for Strategic and International Studies (CSIS), le Stimson Center et l’Atlantic Council-Global Energy Center. Deux avancées majeures ont été confirmées lors de ces rencontres. D’une part, la finalisation des études techniques, incluant les rapports de faisabilité et de FEED. D’autre part, la structuration financière du projet, avec la mise en place progressive de la Société de Projet. Les discussions ont également mis en lumière le couplage croissant entre le corridor gazier et le développement des minerais critiques, essentiels aux chaînes de valeur de la transition énergétique.

Dans le cadre des Golden Days 2026 organisés à Bamako le 6 mai, l’ONHYM a consolidé sa coopération Sud-Sud en signant avec le Ministère malien des Mines un partenariat axé sur le développement conjoint de projets miniers, l’échange d’expertise et le renforcement des capacités. Cette collaboration s’inscrit dans une logique d’intégration économique régionale et de valorisation des ressources naturelles. Sur le plan technique, la section marocaine du gazoduc s’étend sur 1.830 kilomètres terrestres et 390 kilomètres offshore, avec une capacité cible d’environ 31 milliards de mètres cubes par an. Le tracé prévoit quatre stations de compression (Boujdour, Tan-Tan, Agadir, Safi) et deux stations de réception (Dakhla pour l’atterrage, Ouazzane pour le raccordement au réseau Maghreb-Europe).

Le projet s’accompagne d’un dispositif environnemental et social exigeant, conforme aux standards internationaux. Le rapport «ONHYM – Étude d’Impact Environnemental et Social et Cadre de politique d’acquisition des terres et de réinstallation–Section du Maroc» (31 octobre 2025) identifie les zones sensibles, notamment la baie de Dakhla, les fleuves Oued Draa, Souss et Sebou, ainsi que les écosystèmes côtiers. Le cadre prévoit des mécanismes de suivi conformes aux exigences de la Société financière internationale (SFI) et de la Banque mondiale, incluant la gestion des plaintes, la protection des moyens de subsistance locaux et la conformité réglementaire marocaine dès la phase de conception. Cette dynamique, à la fois diplomatique, technique et environnementale, positionne le Maroc comme un acteur central dans la redéfinition des équilibres énergétiques africains et euro-africains.

Par La Rédaction
Le 10/05/2026 à 19h04