«Génération hydrogène vert»: des lycéennes du Groupe Scolaire La Résidence engagées dans l’exploration énergétique

Hiba En-Nhaili et Nadine Belgarrab aux côtés de leurs professeurs Mustapha Zaro et Mohamed En-Nhaili.

Dans le cadre des Olympiades Nationales de la Chimie «Parlons Chimie» 2026, deux élèves du Groupe Scolaire La Résidence de Bouskoura portent un projet consacré à l’hydrogène vert, articulé autour des enjeux scientifiques, techniques et énergétiques liés à cette filière.

Le 04/05/2026 à 14h38

À l’heure où la transition énergétique s’affirme comme un enjeu stratégique, l’hydrogène vert s’impose comme une alternative crédible pour produire et stocker une énergie propre. Dans cette dynamique, Hiba En-Nhaili et Nadine Belgarrab, élèves au Groupe scolaire La Résidence de Bouskoura, prennent part aux Olympiades nationales de la chimie à travers le concours «Parlons Chimie» 2026.

Encadrées par leurs professeurs, Mustapha Zaro et Mohamed En-Nhaili, et soutenues par l’ensemble du corps pédagogique ainsi que par la direction de leur établissement, elles portent un projet intitulé «Génération hydrogène vert». Au cœur de leur réflexion: une problématique structurante — comment valoriser des ressources naturelles telles que l’eau, le soleil et le vent pour produire une énergie propre, stockable et mobilisable à grande échelle?

Leur démarche met en lumière le rôle central de la chimie au-delà du cadre strict du laboratoire. Discipline d’analyse et d’innovation, elle permet de décrypter les transformations énergétiques et de concevoir des solutions concrètes, notamment en matière de production d’énergie décarbonée et de réduction des émissions de CO₂.

Dans cette logique, le projet s’intéresse à la transformation de l’énergie du soleil et du vent, associée à l’eau, en hydrogène, une molécule appelée à jouer un rôle central dans les systèmes énergétiques et industriels.

Afin d’approfondir leur compréhension, les élèves ont réalisé une immersion au Centre de formation aux métiers du développement vert (CMFDV), porté par l’Association de Promotion de l’Enseignement d’Excellence et rattaché à l’écosystème de l’Université Mohammed VI Polytechnique de Benguerir.

Accueillies par les responsables et les formateurs, elles ont pu observer les réalités techniques et professionnelles de la filière hydrogène. Cette expérience leur a permis de découvrir concrètement les différentes étapes liées à la production, au stockage et à l’utilisation de l’hydrogène.

Une problématique liée à l’intermittence des énergies renouvelables

La démarche s’appuie sur un constat: les énergies renouvelables, notamment le solaire et l’éolien, sont intermittentes car elles dépendent des conditions naturelles, alors que les besoins énergétiques restent continus. Cette dissociation rend nécessaire le développement de solutions de stockage.

Dans ce cadre, l’hydrogène vert est étudié comme une réponse possible. Grâce à l’électrolyse de l’eau, l’électricité renouvelable peut être convertie en énergie chimique selon la réaction suivante:

2 H₂O → 2 H₂ + O₂

Le dihydrogène ainsi produit peut être stocké, transporté et réutilisé, permettant de relier production et consommation.

Le projet s’intéresse également au cas du Maroc, qui dispose d’atouts liés à son ensoleillement et à son potentiel éolien, notamment dans le sud. Ces ressources sont déterminantes pour la production d’hydrogène vert, qui dépend d’une électricité renouvelable abondante.

La complémentarité entre le solaire et l’éolien permet de lisser la production d’électricité et d’améliorer le fonctionnement des électrolyseurs. Le positionnement géographique du Maroc, à proximité de l’Europe, constitue également un élément structurant dans le contexte de la transition énergétique.

Le projet prend en compte les orientations engagées au niveau national, notamment à travers le lancement en 2024 de l’«Offre Maroc hydrogène vert», qui vise à développer une filière couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur.

Des acteurs nationaux, tels que OCP Group, participent à cette dynamique en intégrant l’hydrogène vert dans la production d’ammoniac. Parallèlement, des institutions comme l’Université Mohammed VI Polytechnique-APEE contribuent à la formation et à la recherche dans ce domaine.

Le projet repose sur une démarche combinant théorie et pratique. Les élèves ont étudié l’électrolyse de l’eau, le fonctionnement des électrolyseurs ainsi que les différentes formes de stockage et de transformation de l’hydrogène.

Des expériences réalisées au lycée leur ont permis d’observer la production de gaz et d’appréhender les contraintes techniques. Cette approche a été complétée par leur immersion au CMFDV, où elles ont manipulé du matériel, observé des installations et suivi les différentes étapes du processus.

Elles ont également étudié le traitement de l’eau, notamment à travers la filtration et l’osmose inverse, ainsi que l’utilisation de l’énergie solaire pour alimenter une habitation et recharger une voiture hybride.

Le travail met en évidence plusieurs défis liés au développement de l’hydrogène vert, notamment sur les plans économique, énergétique, hydrique et logistique. La production, le stockage et le transport de l’hydrogène impliquent des contraintes techniques spécifiques.

Au-delà de ces aspects, la réflexion porte également sur les conditions de développement de cette filière, les usages prioritaires et les choix à opérer pour accompagner son déploiement.

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Le 04/05/2026 à 14h38