Benslimane: le retour des moissons redonne le sourire aux agriculteurs après sept ans de sécheresse

انطلاق عملية الحصاد ببنسليمان

Une moissonneuse-batteuse en activité à Aïn Tizgha, dans la province de Benslimane. (S.Bouchrit/Le360)

Le 08/06/2026 à 08h37

VidéoÀ Aïn Tizgha, dans la province de Benslimane, la saison des moissons a officiellement démarré dans une atmosphère positive. Après près de sept ans de sécheresse, les importantes précipitations enregistrées cette année ont redonné vie aux champs. Les agriculteurs espèrent désormais récolter des rendements satisfaisants en céréales tout en assurant des réserves suffisantes de fourrage pour le bétail.

Les vastes étendues agricoles d’Aïn Tizgha ont retrouvé leur effervescence habituelle. Sous le va-et-vient des moissonneuses et dans le bruit des moteurs, les agriculteurs s’activent à récolter les premières cultures de la saison. Un spectacle devenu rare ces dernières années, tant la sécheresse avait réduit les rendements et plongé le monde rural dans l’incertitude.

Parmi eux, Kessab Belahssen, agriculteur et éleveur de la région, observe avec satisfaction l’avancement des travaux. «La région connaît actuellement une intense activité liée à la récolte des cultures précoces, notamment l’orge et l’avoine. La récolte du blé dur et du blé tendre suivra dans les prochaines semaines, car ces cultures nécessitent généralement davantage de temps avant d’arriver à maturité», déclare-t-il.

Pour ce professionnel du secteur, la campagne agricole 2025-2026 marque un véritable tournant après plusieurs années difficiles. «Nous n’avions pas connu une telle abondance depuis six ou sept ans. Les pluies régulières et bien réparties tout au long de la saison ont considérablement amélioré l’état des cultures», ajoute-t-il.

Au-delà de la production céréalière, cette amélioration profite également aux éleveurs, particulièrement touchés par la flambée des coûts de l’alimentation animale lors des précédentes années de sécheresse. «Cette récolte permettra non seulement d’assurer une bonne production de céréales, mais aussi de fournir du fourrage et de la paille en quantité suffisante pour le cheptel», confirme-t-il.

Les perspectives s’annoncent d’ailleurs particulièrement encourageantes à l’échelle de toute la province de Benslimane. Selon les estimations avancées par les professionnels du secteur, les rendements pourraient atteindre des niveaux très satisfaisants cette année. «Les indicateurs sont au vert. Nous nous attendons à des taux de rendement compris entre 70 et 80% dans l’ensemble des zones de la province. La saison s’annonce prometteuse et laisse espérer une récolte de qualité», souligne l’agriculteur.

Mais derrière cet enthousiasme, certaines difficultés continuent de freiner le bon déroulement des opérations de récolte. La principale concerne le manque de moissonneuses-batteuses, un problème observé dans plusieurs régions du Royaume. «L’abondance des récoltes et la maturité simultanée des cultures dans différentes régions du Maroc provoquent une forte demande en matériel agricole», explique Belahssen.

«Les faibles résultats enregistrés lors des précédentes campagnes ont découragé de nombreux opérateurs d’investir dans l’entretien ou le renouvellement de leurs équipements. Aujourd’hui, l’offre disponible ne suffit plus à répondre à la demande», poursuit-il.

À cela s’ajoute une autre préoccupation majeure: la pénurie de main-d’œuvre agricole. Un phénomène qui touche aussi bien l’agriculture «bour» que les périmètres irrigués et qui inquiète de plus en plus les acteurs du monde rural. «Le manque de travailleurs est devenu une réalité. De nombreux jeunes préfèrent quitter les campagnes pour rejoindre les villes à la recherche d’autres opportunités professionnelles», constate-t-il avant de conclure que «cette situation soulève de véritables interrogations quant à l’avenir de la main-d’œuvre agricole dans notre pays».

Par Hafida Ouajmane et Saïd Bouchrit
Le 08/06/2026 à 08h37