Mondial 2030: pourquoi le succès du Maroc se jouera sur son modèle d’accueil plutôt que sur le nombre de lits

Avec l'Espagne et le Portugal, le Maroc a été désigné par la FIFA, le 11 décembre 2024, en tant que pays co-organisateur de la Coupe du Monde 2030.

Revue de presseÀ l’approche de la Coupe du Monde 2030, la réussite du Royaume ne dépendra pas seulement de sa capacité hôtelière, mais de sa faculté à proposer une expérience globale fluide et haut de gamme. Pour le Dr Najib Erraiss, Managing Director de MFA Hospitality, le Maroc doit éviter les pièges de la spéculation et miser sur une stratégie durable pour transformer cet événement sportif en un accélérateur économique de long terme. Cet article est une revue de presse tirée de Challenge.

Le 28/07/2026 à 18h41

À l’approche de la Coupe du Monde 2030, le débat dépasse largement la simple capacité hôtelière du Maroc. Le véritable enjeu ne se limite pas à une logique quantitative, car une compétition d’une telle ampleur ne se gagne pas uniquement avec des chambres supplémentaires, mais avec une expérience visiteur cohérente, fluide et qualitative. Dans un entretien accordé au magazine hebdomadaire Challenge, Najib Erraiss, Managing Director de MFA Hospitality, le succès dépendra de la capacité du Royaume à articuler l’hébergement, la mobilité, la connectivité, la sécurité, la digitalisation et la qualité de service dans une approche globale de la destination. Un pays peut disposer d’une capacité hôtelière importante et générer une expérience décevante si les prix deviennent excessifs, si les déplacements sont compliqués ou si la coordination entre les acteurs demeure insuffisante.

Les précédentes Coupes du Monde montrent d’ailleurs qu’une forte visibilité mondiale ne garantit pas automatiquement une rentabilité exceptionnelle, plusieurs pays hôtes ayant connu des anticipations tarifaires excessives qui ont parfois freiné la demande et altéré la perception des visiteurs. Le Maroc doit retenir trois enseignements majeurs: «éviter les excès spéculatifs, protéger durablement son image de destination et privilégier une stratégie de long terme plutôt que la recherche d’un gain immédiat». Les destinations qui réussissent sont celles qui transforment un événement mondial en un véritable accélérateur de leur attractivité touristique, bien au-delà de la période de compétition, lit-on dans Challenge.

Dans cette optique, le prix constitue un message qui traduit la manière dont une destination considère ses visiteurs. Najib Erraiss estime que le Maroc doit viser une rentabilité maîtrisée, équilibrée et crédible, car une hausse tarifaire excessive pourrait créer un sentiment d’opportunisme et porter durablement atteinte à l’image du pays. La bonne approche consiste donc à mettre en place une politique tarifaire transparente, lisible et cohérente avec la qualité de l’expérience proposée.

Pour absorber les flux, l’offre devra également s’appuyer sur la complémentarité des hébergements. Les hôtels constitueront naturellement le socle principal, mais les locations de courte durée, les résidences touristiques, les riads et les maisons d’hôtes permettront d’absorber les pics de fréquentation tout en répondant aux attentes de clientèles aux profils variés. Le véritable enjeu sera d’organiser cet écosystème dans un cadre réglementaire clair, garantissant des standards élevés de qualité et un niveau élevé de professionnalisation.

Fort de performances remarquables, ayant accueilli 17,4 millions de touristes internationaux en 2024 puis près de 20 millions de visiteurs en 2025 avec des recettes record, le Royaume dispose des fondamentaux nécessaires pour réussir. Cette dynamique doit désormais évoluer vers une logique de maturité, fondée sur la montée en gamme de l’offre, la structuration des standards de qualité, la digitalisation des services, la formation des talents et l’amélioration continue de l’expérience client, écrit Challenge.

Les ambitions touristiques du pays s’inscrivent en pleine synergie avec l’événement, la feuille de route étant parfaitement alignée avec les enjeux du Mondial 2030. Les investissements engagés dans les aéroports, le réseau ferroviaire, les infrastructures urbaines et l’hôtellerie traduisent une vision stratégique de long terme destinée à renforcer la compétitivité du Royaume. Ainsi, le Mondial doit être considéré non comme une parenthèse, mais comme un accélérateur structurel de transformation touristique, économique et territoriale, afin de construire un héritage durable.

Pour réussir ce rendez-vous historique, certains écueils devront toutefois être évités. Le principal risque serait de privilégier la vitesse au détriment de la vision stratégique. Le Maroc devra notamment éviter les surcapacités mal planifiées, les excès tarifaires, la fragmentation des acteurs, le manque de coordination, les retards dans la réalisation des infrastructures ainsi qu’une dégradation des standards de qualité. Au final, la réussite dépendra avant tout de la cohérence globale du modèle d’accueil et de la capacité du Royaume à préserver durablement l’image, la compétitivité et l’attractivité de la destination Maroc.

Par La Rédaction
Le 28/07/2026 à 18h41