Avant les précipitations, les barrages du nord passent au crible leurs dispositifs d’évacuation

Opération d’évacuation du barrage Oued El Makhazine lors de la précédente saison des pluies. (S.Kadry/Le360)

Après avoir atteint 100% de remplissage lors de la précédente saison hydrologique, certains barrages du nord du Royaume se préparent déjà aux prochaines précipitations. Dans le périmètre de l’Agence du bassin hydraulique du Loukkos, des ouvrages ont récemment fait l’objet de tests d’évacuation et de contrôles techniques pour vérifier le bon fonctionnement de leurs équipements.

Le 22/09/2026 à 10h37

À l’approche de la période des précipitations, les barrages du nord du Royaume sont soumis à un dispositif de contrôle renforcé. Plusieurs ouvrages relevant de l’Agence du bassin hydraulique du Loukkos ont déjà fait l’objet d’essais d’évacuation et de vérifications techniques, afin de s’assurer que leurs équipements sont prêts à fonctionner en cas de fortes arrivées d’eau.

Depuis le début du mois de septembre, l’Agence suit de près l’évolution de la situation au niveau des barrages et des différents ouvrages hydrauliques relevant de son territoire. L’enjeu est de pouvoir anticiper les épisodes de fortes précipitations et d’adapter, au besoin, la gestion des retenues en fonction des volumes d’eau attendus.

Ce dispositif intervient après une année hydrologique particulièrement marquée dans le nord du Royaume. D’après les données communiquées à Le360, les barrages Chefchaouen, Nakhla et Charif El Idrissi, dans la province de Tétouan, ont notamment atteint un taux de remplissage de 100% au cours de la précédente saison hydrologique.

Pour se préparer aux éventuels épisodes de fortes précipitations, l’Agence procède chaque année, à l’approche de cette période, à des essais sur les principaux équipements hydromécaniques des barrages. Ces vérifications concernent notamment les vidanges de fond et les évacuateurs de crues, dont le bon fonctionnement doit être assuré avant l’arrivée des importants apports en eau.

Les essais sont généralement réalisés durant les mois de septembre et octobre. Ils permettent de vérifier l’état des équipements et de s’assurer qu’ils peuvent être mobilisés rapidement si les niveaux des retenues évoluent fortement.

En cas de précipitations importantes, l’Agence croise les prévisions météorologiques avec les données hydrologiques disponibles. Elle peut ainsi établir des simulations sur l’évolution des apports et des niveaux des retenues et, lorsque les conditions l’exigent, anticiper certaines opérations de vidange.

L’objectif est de réguler progressivement les niveaux des barrages en fonction des apports attendus, tout en réduisant les risques liés aux crues pour les zones situées en aval et en préservant la sécurité des ouvrages.

Les chiffres de la précédente saison hydrologique permettent de mesurer l’ampleur des volumes auxquels ces barrages ont dû faire face. Entre septembre 2025 et mai 2026, les apports ont atteint environ 380 millions de mètres cubes au barrage Charif El Idrissi, 49 millions de mètres cubes à Chefchaouen et 86 millions de mètres cubes à Nakhla.

Avec ces importantes arrivées d’eau, les niveaux des retenues ont fortement progressé. Une partie des volumes a été évacuée par les évacuateurs de crues, pour un total d’environ 237 millions de mètres cubes à Charif El Idrissi, 30 millions de mètres cubes à Chefchaouen et 80 millions de mètres cubes à Nakhla.

Les vidanges de fond ont également été sollicitées. Selon les données communiquées à Le360, quelque 100 millions de mètres cubes ont ainsi été évacués par ce biais au barrage Charif El Idrissi, contre 16 millions de mètres cubes à Chefchaouen.

Ces opérations ont permis d’accompagner les importants apports enregistrés au cours de la précédente saison hydrologique et d’ajuster les niveaux des retenues en fonction de l’évolution des volumes d’eau, tout en tenant compte de la situation des zones situées en aval.

Par Said Kadry
Le 22/09/2026 à 10h37