Soufiane Guerrab, l’inspecteur Guedira dans Lupin: «Lorsque le vrai vol au Musée du Louvre a eu lieu, j’ai reçu des messages du monde entier me demandant d’intervenir»

Soufiane Guerrab, acteur.

Le 19/10/2026 à 19h41

VidéoDe passage au Maroc pour la promotion de la saison 4 de Lupin, attendue le 23 octobre sur Netflix, l’acteur marocain Soufiane Guerrab revient pour Le 360 sur son personnage, le succès mondial de la série et son lien intime avec le pays de son père.

Révélé par le rôle de l’inspecteur Youssef Guedira dans Lupin, la série française la plus vue sur Netflix, Soufiane Guerrab a connu un parcours fulgurant. Né en France d’un père marocain originaire de Figuig, le comédien garde un attachement profond pour le Maroc. Il évoque ici le plaisir de découvrir les nouveaux scénarios, l’écho du vrai vol du Louvre auprès des fans, la célébrité qui bouscule son quotidien et l’hommage qu’il rend à son père.

Le 360: vous êtes au Maroc pour la promotion de la saison 4 de la série Lupin qui sort le 23 octobre sur Netflix. Qu’avez-vous ressenti en lisant les scénarios de cette nouvelle saison?

Soufiane Guerrab: finalement, je me glisse dans la peau d’un fan: je découvre l’histoire à mon tour. J’ai donc pris beaucoup de plaisir à lire les nouvelles aventures de cette saison. Les tournages sont aussi très agréables. Je me suis retrouvé entouré d’une équipe et d’acteurs qui donnent beaucoup de conseils et d’encouragements.

Quatre ans après la sortie de la série, le Louvre a été le théâtre d’un véritable vol. Qu’avez-vous ressenti en découvrant ces images?

C’est un excellent exemple pour illustrer la popularité de la série. Lorsque ce vrai vol a eu lieu, j’ai reçu des messages du monde entier me demandant d’intervenir: «Guedira, il faut que tu récupères la couronne, il n’y a que toi qui peux trouver où elle est». Les gens m’ont impliqué dans ce fait divers. C’est fascinant de voir la réalité rejoindre la fiction. Cela témoigne de l’attachement du public à Youssef Guedira, le personnage que j’interprète dans la série «Lupin».

Vous incarnez un inspecteur d’origine maghrébine. Un Maghrébin qui joue un Maghrébin: cela ne vous dérange pas?

Pas du tout. Pour moi, les origines du personnage importent peu: ce n’est pas ce qui le définit ni ce qui me frappe en premier. Lorsqu’elles n’ont pas lieu d’être précisées, il n’est pas nécessaire de les mentionner. Guedira est avant tout un policier passionné par son métier et animé par un idéal de justice. Il est tiraillé entre sa fascination d’enfance pour les aventures de Lupin et sa vocation de policier. C’est cette tension qui le rend si attachant.

«Le Maroc fait partie de moi parce qu’il incarne mon père. Il attachait une grande importance à notre culture, à nos valeurs et à ne jamais oublier d’où l’on vient. »

—  Soufiane Guerrab, acteur

Après de petits rôles, vous avez connu le succès mondial de «Lupin», la série française la plus regardée sur Netflix. Comment vivez-vous cette évolution de votre carrière?

Je compare souvent le succès de Lupin à un but marqué en finale de Coupe du monde pour les amateurs de football. On passe instantanément de l’ombre à la lumière. Du jour au lendemain, tout le monde vous reconnait, que ce soit dans le milieu professionnel ou auprès du grand public, et l’on perd un peu de son anonymat. C’est ce qui a réellement changé dans ma vie, car je suis quelqu’un de simple qui préfère la discrétion. Cela a également ouvert la porte à des propositions de films internationaux aux États-Unis, et je le dois entièrement à Lupin.

Vous êtes né en France d’un père marocain, vous êtes originaire de Figuig. Comment se caractérise ce lien avec le Maroc et comment le nourrissez vous?

Mon lien avec le Maroc, c’est avant tout mon père. Il est décédé, mais reste la personne la plus importante de ma vie, présent chaque jour dans mon esprit et dans mon cœur. Le Maroc fait partie de moi parce qu’il me relie à lui. Il était profondément attaché à notre culture, à nos valeurs et à l’importance de ne jamais oublier d’où l’on vient. Le plus bel hommage que je puisse lui rendre, c’est de revenir sur sa terre et d’y apporter ma contribution, à ma modeste échelle.

Par Qods Chabâa et Sif Eddine Belghiti
Le 19/10/2026 à 19h41